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Texte Libre

Bonjour à vous, amis bloggeurs. Voici une porte ouverte sur Haïti, pays dans lequel nous avons vécu et travaillé pendant près de deux ans. Nous habitions à Pérodin, petit village au coeur de la chaîne des montagnes noires, appelée aussi chaîne des Cahos, dans le département de l'Artibonite.

En octobre 2005, nous atterrissions à Port-au-Prince. Nous avions été embauchés par l'association Inter Aide en tant que responsables d'un programme de scolarisation primaire dans une zone "rurale et isolée", selon les termes de l'annonce...

Un an plus tard, revenus dans les mornes haïtiennes et heureux propriétaire d'un appareil photo numérique, nous avions désormais la possibilité de vous faire découvrir en images notre cadre de vie.

C'est ainsi qu'est né le blog.

De nouveau sur le territoire français depuis le mois d'août 2007, nos chemins se sont séparés. Si bien que davantage qu'un blog, cet espace est désormais plus un aperçu d'une tranche de vie.
En espérant que sa visite vous plaise...
2 décembre 2005 5 02 /12 /décembre /2005 17:28
Texte issu d'un mail collectif envoyé le 2 décembre 2005.

De passage à Port-au-Prince en ce début de mois de décembre, je profite d'un moment où il n'y a quasiment que moi au Relais (nom que nous donnons au bureau d'Inter Aide à PAP) pour squatter l'ordinateur collectif et vous envoyer des nouvelles.
J'espère que tout va bien pour vous, que vous supportez le froid et que vous avez survécu à l'état d'urgence décrété en France...
 
Depuis hier soir, la passation officielle avec Virginie et Patxi est terminée. Nous sommes assez ravis (David me dit qu'il aurait mis "nous sommes ravis !!"). Même s'il fut intéressant de travailler avec Virginie, que je pense avoir appris plein de choses et qu'elle  maîtrise bien le programme, nous avions hâte de pouvoir voler de nos propres ailes, d'essayer de faire nos preuves sur le terrain, de prendre le projet en main.
Et puis, tous nos temps en commun ne furent pas tous aussi agréables les uns que les autres, sans doute l'aviez-vous compris dans mon précédent mail. Depuis, nous avons découvert encore plus la personnalité de Patxi et il m'est arrivé d'écrire qu'il ne me fut pas facile de vivre et d'échanger avec un homme macho, excessif, homophobe, alcoolique, parano, qui a raison sur tout ou presque, et j'en passe !! Aujourd'hui, cette période est finie ou presque et mon jugement serait donc sans doute moins sévère mais quand même...
Je dis "période presque finie" car Virginie et Patxi ont prévu de revenir quelques jours dans les Cahos après leurs vacances en Haïti (qui commencent aujourd'hui) et avant leur retour en France, soit du 15 au 19 décembre inclus. Cette visite ne ravit pas du tout mais alors pas du tout David ! Je ne suis pas aussi catégorique, comme je sais que Virginie revient, je sais aussi que je pourrai lui soumettre toutes les questions et problèmes qui se seront posés à moi dans les 15 prochains jours. C'est quelque part sans doute retarder pour mieux sauter mais ce n'est pas moi qui leur ai proposé de revenir. D'ailleurs, ils ne nous ont pas consulté à ce sujet, nous ont dit qu'ils revenaient et puis c'est tout !
 
Un autre avantage de la fin de la passation, c'est que nous allons pouvoir gérer notre temps comme nous le souhaitons. Après un mois et demi à travailler tous les jours, du lundi matin au dimanche soir, en commençant entre 8h et 9h et en finissant le plus souvent vers 19h, souvent vers 20h, parfois 21h, nous avons envie de pouvoir faire aussi autre chose, sans passer pour une fainéante bien entendu ! A voir fonctionner Virginie et, dans une moindre mesure Patxi, j'en suis arrivée à la conclusion selon laquelle ils ne savaient plus faire autre chose que travailler. Ils ne savent plus non plus très bien parler d'autre chose -ou alors pas longtemps-. Et puis, Patxi nous a dit qu'ils avaient sacrifier trois ans de leur vie pour les Cahos, que la région "était dans la merde" et que la vie de milliers de gens reposait sur nous, qu'ils avaient rompu avec la plupart de leurs amis, etc. Je, nous n'avons vraiment, mais vraiment pas envie de reproduire ce schéma ! J'ai envie de travailler pour ce programme auquel je crois mais j'ai aussi envie de faire tout à un tas d'autres choses : lire, vous écrire, jouer, bricoler, m'occuper de l'aménagement de la maison, etc. Sortir pour aller boire un verre ou au ciné ne fait pas partie de l'ordre des possibles...
 
Parlons un peu de la marche et du créole puisqu'il en était question dans mon mail précédent. Pour la marche, merci à tous ceux d'entre vous qui me disent que je ne connais pas ma chance de pouvoir faire du sport sans aller m'essoufler dans des salles de gym hyper asseptisées. Je vois que vous compatissez ;-) ! Alors ? Les montées sont toujours un peu difficiles mais j'ai moins besoin de reprendre mon souffle, David court toujours comme un cabri. Il faut dire qu'il est proportionnellement toujours moins lourd à porter que moi, d'autant plus qu'il a déjà maigri, il a du passer en-dessous de la barre des 60 kgs et perd ses pantalons ! Alors que c'était l'une de mes motivations pour venir en Haïti ;-), il semblerait que mes kilos superflus n'aient pas vraiment envie de me quitter...
 
Côté créole, l'apprentissage suit son cours et nos interlocuteurs dans les Cahos trouvent que, dans ce domaine, je me débrouille plutôt mieux que David ;-) ! Je comprends relativement bien la langue, j'ai plus de difficultés à la parler. Mais, il va bien falloir que je m'y mette puisque Virginie est partie et que la quasi-totalité de nos échanges "là-haut" sont en créole. Y compris dans mes relations professionnelles les plus directes. Je travaille avec deux équipes, une à Pérodin, l'autre à Médor, chacune composée d'un assistant et de trois animateurs communautaires. Parmi eux, seuls les assistants parlent français.
 
Allez, je ne vais pas tarder à vous laisser en espérant bien vite vous lire. Je vous assure que ce ne sont pas des paroles en l'air : je pense à ma prochaine connexion Internet -et donc à mon prochain lien avec vous- tout le long du trajet entre Pérodin et Port-au-Prince (environ 7h). Lorsque j'arrive au Relais, je n'ai qu'une hâte : accaparer l'ordi pour découvrir vos messages, les nouvelles, etc.
Notre prochain passage à la capitale est prévu pour la fin du mois de décembre, sans doute le 23, peut-être le 24. Pour l'instant, nous n'avons rien prévu pour les fêtes, peut-être irons-nous passer quelques jours de vacances sur une des côtes ?
 
Je vous embrasse bien fort (David ajoute : "moi aussi") et pense bien à vous.
Prenez soin de vous.
N'ap wè (au moins par mail...)
 
Nelly

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