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Texte Libre

Bonjour à vous, amis bloggeurs. Voici une porte ouverte sur Haïti, pays dans lequel nous avons vécu et travaillé pendant près de deux ans. Nous habitions à Pérodin, petit village au coeur de la chaîne des montagnes noires, appelée aussi chaîne des Cahos, dans le département de l'Artibonite.

En octobre 2005, nous atterrissions à Port-au-Prince. Nous avions été embauchés par l'association Inter Aide en tant que responsables d'un programme de scolarisation primaire dans une zone "rurale et isolée", selon les termes de l'annonce...

Un an plus tard, revenus dans les mornes haïtiennes et heureux propriétaire d'un appareil photo numérique, nous avions désormais la possibilité de vous faire découvrir en images notre cadre de vie.

C'est ainsi qu'est né le blog.

De nouveau sur le territoire français depuis le mois d'août 2007, nos chemins se sont séparés. Si bien que davantage qu'un blog, cet espace est désormais plus un aperçu d'une tranche de vie.
En espérant que sa visite vous plaise...
1 novembre 2006 3 01 /11 /novembre /2006 21:52

Aujourd’hui, je vais tenter d’écrire un article sur les difficultés rencontrées ici en terme de relations humaines. Pas facile… Ni à vivre, ni à décrire !

 

Dans les Cahos, mornes dans lesquelles nous vivons le plus souvent, les relations que nous entretenons avec les habitants sont bonnes, cordiales, sympathiques même. Mais, nous sommes les Blancs, toujours, et, de fait, employeurs potentiels ou réels. Une certaine distance est maintenue à notre égard. On ne vient chez nous que pour nous demander quelque chose et nous ne sommes pas invités chez les autres. Difficile donc d’aller plus loin qu’une relation finalement assez superficielle.

 

Avec les autres expatriés, « expats » pour les intimes, cela s’avère également compliqué mais pas pour les mêmes raisons. Nous sommes très peu nombreux à travailler pour Inter-Aide en Haïti : sept dans les Cahos (cinq en haut, deux en bas) et dix en tout. Et, nous ne restons pas assez longtemps à Port-au-Prince pour rencontrer d’autres gens. Nous ne choisissons donc pas vraiment les gens que nous côtoyons et ils sont peu nombreux. Si vous ajoutez à cela que parmi les dix il y en a un ou deux qui ont une attitude vraiment désagréable à notre égard… Pas facile !

 

En outre, dans les montagnes, nous sommes tous responsables de programme sur plusieurs zones. Nous nous déplaçons donc régulièrement et sommes hébergés chez des collègues. Dès le début, sans nous connaître vraiment, tous, nous partageons une intimité forcée, savons lorsque l’un ou l’autre est malade, découvrons les habitudes et petites manies de chacun, partageons le petit déjeuner et la salle d’eau, etc. Pas tout à fait habituel comme prise de contact ! Certains envisagent et disent que, de tout façon, nous serons potes. Nous, au moins au début, on était plutôt de ceux-là… D’autres, peut-être pour se protéger, semblent au contraire ne pas vouloir s’investir davantage dans une relation qui est, de fait, de proximité. Comme si : « On garde les cochons ensemble, OK, on n’a pas d’autre choix mais, surtout, que ça n’aille pas plus loin ! » Pas facile donc…

 

Récemment, une collègue sur le départ disait : « J’ai passé un an et demi ici, je ne me suis pas fait de copine… ». Notre chef était présent. Il répond, très chef sans doute : « Tu n’es pas venue ici pour te faire des copines ! » Elle ne se démonte pas et affirme que, certes, elle n’est pas venue en Haïti pour avoir des amis mais elle pense que, dans l’absolu, c’est quelque chose qui peut arriver, lorsque l’on vit pendant un an et demi dans un endroit, de développer des relations amicales. Je le pensais aussi…

 

J’ai parfois l’impression de tomber à côté lorsque je m’adresse aux gens. Pourtant, ma sollicitude n’est ni feinte, ni forcée... C’est ma façon d’être que de m’enquérir de la situation des autres, comment ils vont, etc. Il faut croire que je devrais me débarrasser de ce trait de caractère !

 

Du coup, tout petit nombre de relations oblige, je me pose parfois des questions sur les relations que j’entretiens avec les autres, tous les autres, pas seulement ceux d’ici… Et, il m’arrive de me demander si je fais bien avec tous ces autres… Pas facile du tout ! Ce sont des jours plutôt « sans ».

 

Pas facile donc mais, comme pourrait dire Lucien Gourong, conteur breton, « faut faire avec ! », situation oblige. « Nou pa gen lòt chwa ! » Faisons avec donc, du moins pour les quelques mois à venir...

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commentaires

annik tymen 13/11/2006 21:23

Salut Nelly. Nous suivons tes aventures mais comme je suis débordée cette année, je n'ai pas pris le tmps de répondre plus tôt. Peux-tu me mailer ton adresse mel que je te fasse un tour d'horizon de la famille ? A bientôt                       Annik.

Anne-Laure 02/11/2006 19:44

Chère Nelly,
Comme Jeannine, j'ai aussi envie de te dire de ne surtout pas changer, même si je comprends bien ce que tu ressens. Dans ces situations-là, on ne peut pas s'empêcher de se remettre en cause. A moins d'être très sûr de soi! Je vis des choses similaires ici en Argentine, même si le contexte est très différent. J'ai plus d'occasions de rencontrer des gens, mais peu d'occasions de passer un vrai bon moment avec quelqu'un ou de développer de vraies relations comme "chez soi". Alors forcément, avec le temps, on pert confiance en soi, on a l'impression de faire tout mal, de ne pas être capable de s'adapter ou de rencontrer de nouvelles personnes, etc... Alors que finalement, c'est seulement, peut-être, que c'est très dur de s'intégrer, n'importe où dans le monde. J'ai une petite pensée pour tous nos amis étrangers en France et tous ceux que l'on a croisés sans prêter attention, aujourd'hui je les comprends mieux!
Grosses bises et à très bientôt!

Jeannine 02/11/2006 11:08

Ne change surtout pas Nelly, tu fais très bien avec tous les autres.
"L'important, ce n'est pas le lieu où on se trouve, c'est l'état d'esprit dans lequel on est".
Bon courage et bisous à tous les deux.