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Texte Libre

Bonjour à vous, amis bloggeurs. Voici une porte ouverte sur Haïti, pays dans lequel nous avons vécu et travaillé pendant près de deux ans. Nous habitions à Pérodin, petit village au coeur de la chaîne des montagnes noires, appelée aussi chaîne des Cahos, dans le département de l'Artibonite.

En octobre 2005, nous atterrissions à Port-au-Prince. Nous avions été embauchés par l'association Inter Aide en tant que responsables d'un programme de scolarisation primaire dans une zone "rurale et isolée", selon les termes de l'annonce...

Un an plus tard, revenus dans les mornes haïtiennes et heureux propriétaire d'un appareil photo numérique, nous avions désormais la possibilité de vous faire découvrir en images notre cadre de vie.

C'est ainsi qu'est né le blog.

De nouveau sur le territoire français depuis le mois d'août 2007, nos chemins se sont séparés. Si bien que davantage qu'un blog, cet espace est désormais plus un aperçu d'une tranche de vie.
En espérant que sa visite vous plaise...
29 décembre 2005 4 29 /12 /décembre /2005 20:00

Mail collectif du 29 décembre 2006


Bien chers toutes et tous,
 

Fin de mois oblige, voici le déjà (?) traditionnel mail collectif en provenance d'Haïti.

J'espère que vous avez bien profité des fêtes de Noël, des fruits de mer, du foie gras, du champagne, des bons vins, des chocolats et autres festivités. Le Père Noël vous a-t-il gâté ? Pour ceux qui sont en France, j'espère que vous ne souffrez pas trop du froid qui, semble-t-il sévit dans l'hexagone…

A Port-au-Prince, pour changer, il fait chaud (28° à 30° Celsius paraît-il), tant et si bien que j'ai quelques difficultés à me dire que nous serons en 2006 dans quelques jours, j'ai parfois l'impression que l'été c'était vraiment hier.


Nos premiers pas tous seuls dans les Cahos se sont plutôt bien passés. En cette fin d'année, le planning professionnel est assez chargé car en plus de tâches administratives pour le programme scolaire en tant que tel, nous devons rédiger le rapport annuel (heureusement, Virginie avait fait un gros travail dans ce sens), faire le rapport photo et compulser tout un tas de chiffres pour les annexes du rapport annuel. Ainsi, nous n'avons pas pu visiter beaucoup d'écoles mais nous espérons bien nous rattraper en janvier.

Quoi qu'il en soit, le travail nous plaît. Les relations que j'entretiens avec mes collaborateurs directs à Pérodin et à Médor sont bonnes. Il semblerait qu'ils nous fassent d'ores et déjà confiance même si, chose logique, nous devons faire nos preuves.
 

Côté personnel, la balance penche également du côté positif. Les quelques jours passés avec Virginie et Patxi autour du 15 décembre furent assez agréables ; il semblerait que leurs vacances leur aient fait du bien : selon leurs dires, elles leur ont permis de positiver. Du coup, l'ambiance était plus cool !

Nous avons investi la maison de Pérodin, fait du ménage (aussi « maniaques » soyons-nous –je vois déjà le sourire de certains d'entre vous ;-), je vous assure que cela était nécessaire) et fait quelques aménagements.

Un épisode fut néanmoins assez douloureux à vivre : quatre (sur six) des chiots de Maga, notre chienne, sont morts. Ils avaient des vers et agonisaient en gémissant, parfois pendant plusieurs heures, devant nous. Nous avons essayé de les sauver en les soignant avec les moyens disponibles dans les Cahos (assez faibles, d'autant que la maladie était avancée) et en les nourrissant de lait sucré et de miel à l'aide d'une gosse seringue. Bref, nous préférions quand ils jouaient et chahutaient, y compris dans nos jambes, plutôt que de les voir amorphes et dépérissant sans que nous ayons de réels moyens d'actions. Enfin, c'est passé, aux dernières nouvelles les deux survivants gambadent !
 

Nous sommes descendus à Port-au-Prince vendredi dernier et avons fait route pour Jacmel, petit village côtier dans le sud du pays, pour quatre jours de vacances avec quatre collègues. Le cadre était paradisiaque ! Nous avions loué une petite maison avec vue sur la mer et n'avions que quelques mètres à faire pour nous baigner. La mer était chaude et nous nous amusions dans les vagues, y compris David pour qui l'eau n'est pourtant pas l'élément favori (peut-être un stéréotype sur les Bretons qui tombe ?).

Nous avons également eu un menu de Noël qui, loin sans doute de ressembler aux vôtres, n'était pourtant pas dénué d'intérêt, jugez plutôt : foie gras et magret de canard accompagné d'un bon vin blanc, le tout ramené de France par Audrey et Benjamin ; langoustes et riz à la sauce armoricaine ; mousse au Nutella (si si, c'est possible et pas mauvais du tout ;-)), préparée par Ilse et Jean-Luc.

Au cours de ces quelques jours, nous avons également visité un joli coin nommé « Bassin bleu ». Au cœur des montagnes proches de Jacmel, se trouvent des bassins d'une eau transparente et fraîche dans laquelle se baigner et plonger fut un réel plaisir, après avoir bénéficié du massage de la cascade qui s'y déverse... Imaginez...

C'est ici que vient l'explication de l'objet de ce message : je vous assure qu'il est tout à fait envisageable de prévoir des vacances en Haïti, y compris en famille. Alors, si le cœur vous en dit, faîtes nous signe !

Ce cadre paradisiaque et les bonnes relations que nous entretenons avec nos partenaires de vacances ne pallient pas néanmoins le sentiment de vide que je ressens parfois. Il y a des jours où l'éloignement m'est en effet plus difficile à vivre que d'autres... Alors, continuez à nous écrire et à nous envoyer des nouvelles, cela permettra aussi de faire taire des voix qui, ici, me disent « Loin des yeux loin du cœur ! »
 

Peut-être avez-vous eu des échos de la situation en Haïti ? Si tel est le cas, ne vous inquiétez pas trop pour nous. Certes, il y a des quartiers de Port-au-Prince « interdits » parce trop dangereux, certes nous entendons parfois des coups de feu, certes la Minustah (mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti) et les casques bleus sont très présents et armés dans les rues, mais, en toute honnêteté, je ne me suis encore jamais sentie en insécurité, ni à Port-au-Prince, ni sur la côte, ni dans les Cahos.

En ce moment, nous parlons et entendons beaucoup parler des élections, notamment présidentielles, dont le premier tour aurait du avoir lieu le 8 janvier, mais qui viennent une nouvelle fois d'être reportées. Plusieurs personnes s'accordent à dire que si émeutes et mouvements de foule il devait y avoir, ce serait à ce moment là et dans les grandes et moyennes villes. Nous sommes donc attentifs au calendrier électoral et espérons que les élections auront tout de même lieu car la campagne bât son plain, au gré de meetings et camions qui vantent, à tue-tête et en musique, en sillonnant les rues, les mérites de tel ou tel candidat  -vous devriez voir, c'est assez original par rapport aux méthodes françaises traditionnelles !- Bref, nous espérons donc que les élections auront lieu car, dans le cas contraire, les gens risqueraient d'être déçus et de s'impatienter. Et puis, si mes sources sont exactes, le premier ministre actuel du gouvernement provisoire a déjà annoncé sa démission pour le mois de février et il est prévu que le Président intérimaire quitte ses fonctions à la fin du mois de février.
  

Au cas où je n'aurais pas l'occasion le faire plus tard, je profite de ce mail pour vous souhaiter une très heureuse année 2006, qu'elle vous comble dans tous les domaines et voie se réaliser tous vos projets !
 

Je vous embrasse très fort et pense bien à vous, y compris après l'arrêt du clavier...
Prenez bien soin de vous et de vos proches.
 

Nelly

 

Ne vous inquiétez pas, je suis toujours en vie même si vous ne me voyez pas m'exprimer sur le Net. J'espère que vous allez tous bien. Couvrez vous chaudement parce que les nuits sont fraîches, sauf pour ceux qui ont une bouillotte à côté ou qui ne liront pas ce mail depuis la France...

Ici, tout va très bien. Je me suis bien acclimaté au rythme haïtien et la vie est belle.

Je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d'année et une bonne année 2006, pleine de bonnes choses.

A très bientôt,

David

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