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Texte Libre

Bonjour à vous, amis bloggeurs. Voici une porte ouverte sur Haïti, pays dans lequel nous avons vécu et travaillé pendant près de deux ans. Nous habitions à Pérodin, petit village au coeur de la chaîne des montagnes noires, appelée aussi chaîne des Cahos, dans le département de l'Artibonite.

En octobre 2005, nous atterrissions à Port-au-Prince. Nous avions été embauchés par l'association Inter Aide en tant que responsables d'un programme de scolarisation primaire dans une zone "rurale et isolée", selon les termes de l'annonce...

Un an plus tard, revenus dans les mornes haïtiennes et heureux propriétaire d'un appareil photo numérique, nous avions désormais la possibilité de vous faire découvrir en images notre cadre de vie.

C'est ainsi qu'est né le blog.

De nouveau sur le territoire français depuis le mois d'août 2007, nos chemins se sont séparés. Si bien que davantage qu'un blog, cet espace est désormais plus un aperçu d'une tranche de vie.
En espérant que sa visite vous plaise...
7 juillet 2007 6 07 /07 /juillet /2007 17:42

 

 





Comment faire la planche plus sereinement ?

Avec un gilet de sauvetage bien sûr !


Merci Naïma d'être venue nous rendre visite en Haïti !
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25 juin 2007 1 25 /06 /juin /2007 17:16
des oranges, des oignons et... un chat !



Cannelle !
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23 juin 2007 6 23 /06 /juin /2007 18:43

Peter Mayle, Un bon cru, traduit de l’anglais par Jean Rosenthal, New York : Alfred A. Knopf, 2004 ; Paris : Seuil (coll. « Points »), 2005, pour la traduction française, 275 pages.

C’est frais, c’est léger, un peu comme un rosé de Provence, l’été. D’ailleurs, l’histoire se passe dans le Vaucluse. C’est gentil aussi, un peu trop peut-être ? Quoi qu’il en soit, l’auteur semble s’amuser. Il se délecte de préjugés sur les Français, « esclaves de leur estomac », les Anglais, les Étasuniens, et de la confrontation de sympathiques personnages issus des trois pays. Je me suis amusée avec lui.

Morceaux choisis :

« Revenant à la grande porte, il introduisit une des clés dans le trou de la serrure. Elle refusa de tourner et il se souvint alors de la perversité toute française qui obligeait le mécanisme à fonctionner à l’envers des serrures anglo-saxonnes, constatant une nouvelle fois le génie des Français pour rendre la vie difficile aux étrangers et compliquer les choses les plus simples. » (p. 56.)



« – Ça ne vous gêne pas si je fume ?
 – Allez-y. Vous êtes en France, le paradis des fumeurs. » (p. 121)

« Max jeta un coup d’œil à sa montre –le réflexe inévitable de l’Anglais avant le premier verre de la journée – et se leva pour aller chercher une bouteille de rosé dans le réfrigérateur. » (p. 123)

« Elle attendait qu’il explose, ou au moins qu’il réagisse. Mais il s’était déjà drapé dans cette condescendance réfrigérante que l’Anglais adopte souvent devant des éclats affectifs, notamment quand ils sont provoqués par une femme ou un étranger. » (p. 143)

« Les propriétaires de ces superbes machines, des messieurs enveloppés dans du Lycra trop moulant, évoquaient des saucisses dodues et multicolores. (…) Tous se félicitaient, d’une voix qui dominait sans mal le brouhaha du marché, d’avoir accompli leur épuisante promenade matinale.
– Pourquoi les Américains sont-ils toujours les plus bruyants ? gémit Christie [américaine], assise avec Max à la terrasse d’un café. C’est gênant. » (p. 167)

« – Ne soyez pas trop sévère avec lui : les Français sont persuadés que tout se résout par le sexe. » (p. 200)

Si vous ne connaissez pas Peter Mayle, écrivain britannique installé en Provence, région qu’il affectionne, vous pouvez également le découvrir avec Une année en Provence ou encore Hôtel Pastis.

 

 


 

Jacques Roumain, Gouverneurs de la rosée, Port-au-Prince : Imprimerie de l’État, 1944 ; Éditions Presses Nationales d’Haïti, (coll. « L’intemporel »), 2007, pour la présente édition, 251 pages.

Lecture moins gaie que celle du roman cité ci-dessus…

Bien qu’il ait été écrit il y a une soixantaine d’années, ce livre dépeint une réalité tout à fait contemporaine pour nous. Ainsi, l’auteur traite de la déforestation par les habitants, pour produire du charbon, et de la sécheresse engendrée. Il raconte la vie d’Haïtiens, paysans, « malheureux » comme on dit ici ; la survie du quotidien et la foi d’un homme, revenu de Cuba, qui croit pouvoir trouver l’eau et échafaude des plans pour la canaliser jusqu’aux villages et aux plantations. Si vous souhaitez mieux comprendre des façons de vivre et d’être haïtiennes, lisez Gouverneurs de la rosée !

Jacques Roumain met en mots des impressions ressenties ici depuis près de deux ans. Si ses écrits m’ont tant parlé, c’est sans doute aussi parce qu’ils font écho à ce que nous vivons au quotidien. Je vous laisse en découvrir quelques extraits :

« – Maman, comment allez-vous vivre ?
– A la grâce de Dieu murmura Délira.
Elle ajouta tristement :
– Mais il n’y a pas de miséricorde pour les malheureux. (…)
– C’est traître la résignation ; c’est du pareil au même que le découragement. Ça vous casse les bras : on attend des miracles et la Providence, chapelet en main, sans rien faire. On prie pour la pluie, on prie pour la récolte, on dit les oraisons des saints et des loa [divinités afro-haïtiennes]. Mais la Providence, laisse moi te dire, c’est le propre vouloir du nègre de ne pas accepter le malheur, de dompter chaque jour la mauvaise volonté de la terre, de soumettre le caprice de l’eau à ses besoins ; alors la terre l’appelle : cher maître, et l’eau l’appelle : cher maître, et il n’y a d’autre providence que son travail d’habitant sérieux, d’autre miracle que le fruit de ses mains. » (pp. 59-60)

« Que veux-tu frère… On a éclairci pour le bois-neuf, on a coupé pour la charpente et le faîtage des cases, on a refait l’entourage des jardins, on ne savait pas nous-mêmes, l’ignorance et le besoin marchent ensemble pas vrai ? » (p. 66)

« – L’expérience est le bâton des aveugles et j’ai appris que ce qui compte, puisque tu le demandes, c’est la rébellion, et la connaissance que l’homme est le boulanger de la vie.
– Ah, nous autres, c’est la vie qui nous pétrit.
– Parce que vous êtes une pâte résignée, voilà ce que vous êtes.
– Mais qu’est-ce qu’on peut faire, est-ce qu’on n’est pas sans recours et sans remèdes devant le malheur ? C’est la fatalité, que veux-tu. » (p. 108)

« Il avait toujours regretté, Manuel, de ne pas savoir les écritures. Mais lorsque l’existence, grâce à l’arrosage, sera devenue meilleure, on demandera au Magistrat Communal du bourg d’installer une école à Fonds-Rouge. Il proposerait aux habitants de bâtir de bonne volonté une case pour l’abriter. C’est nécessaire l’instruction, ça aide à comprendre la vie. Témoin ce compagnero à Cuba qui lui parlait de politique, au temps de la grève. Il en savait des choses, el hijo de… su madre, et les situations les plus embrouillées, il te les démêlait que c’était une merveille ; tu voyais devant toi chaque question alignée sur le fil de son raisonnement comme du linge rincé accroché à sécher au soleil ; il t’expliquait l’affaire si clair que tu pouvais la saisir comme un bon morceau de pain avec la main. Il te la mettait comme qui dirait à ta portée. Et si l’habitant allait à l’école, certain qu’on ne pourrait plus si facilement le tromper, l’abuser et le traiter en bourrique. » (p. 194) Une justification, si besoin, de l’intérêt de notre action en Haïti… ?

Alors qu’il y a eu un mort, dans le village :
« Des habitants arrivent, d’autres s’en vont. C’est qu’il faut s’occuper de ces petits nègres restés à la case, aller manger un morceau. Ils retourneront pour la veillée. On a déjà installé dans la cour quelques tables et des chaises empruntées au voisinage. Une odeur de café et de thé à la cannelle se répand. Laurélien a prêté deux piastres, tout ce qu’il avait, pour acheter du clairin [alcool de canne à sucre]. Délira a juste assez d’argent pour payer le Père Savane (prêtre improvisé des campagnes haïtiennes) qui viendra lire les prières et bénir le corps. On n’a pas de quoi pour un enterrement à l’église. C’est trop cher et l’église ne fait pas crédit aux malheureux, c’est pas une boutique, c’est la maison de Dieu. » (p. 217)

 

 


 

Georges Orwell, La ferme des animaux, traduit de l’anglais par Jean Quéval, Londres : Martin Secker & Warburg, 1945 ; Paris : Editions Cham libre, 1981, pour la traduction française ; Paris : Gallimard (coll. « Folio »), 1983, pour la présente édition, 151 pages.

 

Je connaissais l’ouvrage, je l’avais même cité : « Les animaux sont tous égaux, mais certains le sont plus que d’autres » dans certains de mes mémoires du temps de mes études en sociologie. Mais, je ne l’avais jamais lu. C’est à présent chose faite et je ne le regrette pas !


Voici ce que nous dit la 4ème de couverture :

Un certain 21 juin eut lieu en Angleterre la révolte des animaux. Les cochons dirigent le nouveau régime. Snowball et Napoléon, cochons en chef, affichent un règlement :

« Tout ce qui est sur deux jambes est un ennemi. Tout ce qui est sur quatre jambes ou possède des ailes est un ami. Aucun animal ne portera de vêtements. Aucun animal ne dormira dans un lit. Aucun animal ne boira d’alcool. Aucun animal ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux. »

Le temps passe. La pluie efface les commandements. L’âne, un cynique, arrive encore à déchiffrer : « Tous les animaux sont égaux, mais (il semble que cela ait été rajouté) il y en a qui le sont plus que d’autres. »

 


Sans révéler l’histoire et son issue, sa leçon ne pourrait-elle être que l’Humanité et l’humanisation conduisent nécessairement à l’inégalité et à l’injustice… ? Lecture recommandable et recommandée, tout particulièrement en ces temps post-électoraux !

 

 


 

Nick Hornby, Vous descendez ?, traduit de l’anglais par Nicolas Richard, 2005, Paris : 10/18 (coll. « Domaine étranger », pour l’édition française.


Que font deux hommes et deux femmes, bien décidés à en finir, lorsqu’ils se retrouvent au sommet de la plus haute tour de Londres le soir du nouvel an ? Plutôt que de s’épauler pour sauter, ils décident de se regrouper, comme si l’ensemble allait leur permettre de faire front. Bien sûr, leur existence ne va pas changer du tout au tout, du jour au lendemain, bien sûr, les problèmes demeurent, bien sûr, ils auront de nouveau des envies suicidaires mais, à eux quatre, ils vont « émerger » progressivement.

Non, ce n’est pas un livre triste ! On sourit, on s’émeut et on prend plaisir !

Dans la rubrique « du même auteur », découvrez aussi Haute fidélité et A propos d’un gamin.

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20 juin 2007 3 20 /06 /juin /2007 17:58

L'Ambassade de France nous prie de trouver ci-dessous une note concernant le risque de rage en Haïti.


Une recrudescence des cas de rage animale et humaine a été constatée ces derniers temps en Haïti. Il est recommandé à toute personne se faisant mordre ou griffer par un animal, même connu, de se faire immédiatement vacciner.

Situation épidémiologique : 

Malgré des efforts de contrôle des animaux errants et de vaccination des chiens et chats domestiques,  Haïti est a l'origine de l'essentiel des cas de rage humaine  répertoriés en 2006 dans les Amériques (14 cas haïtiens sur les 22 déclarés). 

 

Maladie :

La rage est une encéphalite virale animale touchant les mammifères,  accidentellement transmise à l'homme en général par morsure. La rage humaine, une fois les signes cliniques apparus est toujours mortelle. Mais elle comporte heureusement une incubation suffisamment longue (d'une semaine à quelques années) pour qu'on ait le temps de pratiquer une sérovaccination protectrice avant que le virus qui chemine lentement le long des axes nerveux n'ait atteint le cerveau.

Réservoir de virus : 

La rage animale est endémique en Haïti où elle touche essentiellement chats, chiens et chauves-souris. L'infection de petits carnivores comme la mangouste n'a jamais été documentée en Haïti mais elle est bien connue en République Dominicaine.

Transmission à l'homme : 

L'homme est généralement contaminé par l'intermédiaire d'animaux domestiques ou errants, chiens ou chats essentiellement mais aussi parfois bétail, lui-même pouvant être accidentellement contaminé. La contamination directe par un animal sauvage est plus rare.

C'est la salive des animaux qui est infectante. Cette excrétion salivaire de virus est présente selon les espèces de 1 à 3 semaines avant les signes cliniques de rage (1 semaine pour les chiens et chats) ce qui fait que la rage peut être transmise par un animal apparemment sain.

Le virus présent dans la salive des animaux n'est pas capable par lui-même de traverser la peau saine, mais il pénètre  au travers de morsures, griffures ou excoriations cutanées. Ainsi un herbivore enragé ne mord généralement pas mais sa salive infectée peut fort bien contaminer une personne dont les mains comportent de petites excoriations, situation fréquente chez les agriculteurs.

Mesures préventives : 

Vaccination animale :
Il faut impérativement vacciner tous ses animaux domestiques. En cas de contact avec un animal suspect de rage, un animal vacciné doit recevoir une injection de rappel et être  isolé pendant 45 jours.
Un animal non vacciné ayant été en contact avec un animal suspect de rage doit être confié aux services vétérinaires ou abattu.
 

Vaccination humaine :
Elle permet d'allonger le temps d'incubation et renforce l'efficacité de la sérovaccination après exposition. Elle ne dispense en aucun cas du traitement sérovaccinal après exposition. Elle est recommandée pour les personnes en situation isolée ou régulièrement en contact avec des animaux dans le cadre de leur travail ou de leurs loisirs.

Reconnaître la rage animale : 

L'encéphalite s'accompagne d'hypersalivation et de troubles du comportement : agressivité amenant a attaquer humains et animaux de rencontre (forme habituelle chez les chiens et les chats) ou au contraire prostration (forme plus habituelle aux ovins et bovin). Chez l'animal sauvage, la perte de l'instinct de conservation qui fait que l'animal s'approche de l'homme sans crainte doit donner l'alerte.

Un animal domestique suspect de rage devrait être mis en observation 10 jours. S'il survit au-delà de cette période il sera considéré comme indemne de rage.

 

Mesures à prendre en cas d'exposition : 

En cas de morsure par un animal inconnu ou disparu, ou contact direct avec un animal suspect de rage, il est impératif de prendre contact avec la direction sanitaire du département ou directement avec la direction nationale d'hygiène publique pour envisager un traitement sérovaccinal urgent dont le type sera déterminé par le spécialiste en fonction de la gravité de l'exposition et de la localisation de la plaie. 

En cas de plaie, celle-ci sera abondamment lavée avec un antiseptique (ammonium quaternaire ou à défaut eau savonneuse) et pansée. 

Un rappel de vaccin  antitétanique peut être utile selon les cas.

Cordialement.

L'Ambassade



Récemment, David a recueilli une chauve-souris, "chochotte" en créole.

Pauvre chochotte, elle a fini dans l'estomac de Maga, qui n'est pourtant pas enragée...



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8 juin 2007 5 08 /06 /juin /2007 17:24
Chaque matin, les enfants se regroupent pour le lever du drapeau et le chant de l'hymne national. C'est à chaque fois un pur moment de bonheur ! L'air est magnifique, même si les paroles sont un peu dures. Ca restera un moment inoubliable...

L'hymne national Haïtien...
Vidéo envoyée par davidbilzic
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8 juin 2007 5 08 /06 /juin /2007 01:23
Et voici l'histoire résumée et les paroles de l'hymne national haïtien, chanté, dans la video ci-dessus, par les élèves et les maîtres de l'école Bien Placé, avant de rentrer en classe :

La Dessalinienne devint l'hymne national d'Haiti à la suite d'un concours organisé par le gouvernement haïtien à la veille du centenaire de l'indépendance d"Haïti. Le jury la préféra à "L'Artibonitienne" du diplomate capois Louis Edouard Pouget.

"La Dessalinienne fut inaugurée en octobre 1803 à l'occasion d'une fête organisée par l'Association du Petit Théâtre pour commémorer l'entrée triomphale de la vaillante Armée Indigène à Port-au-Prince. Elle fut chantée publiquement...[et] avec chaleur... L'auditoire emflammé jusqu'au délire, bissa, trissa le Chant National...'

'Au cours de la semaine, paroles et musique furent distribuées à profusion tant à la capitale que dans les moindres recoins de la République." Dumervé, Constantin. Chants Poétiques. Port-au-Prince : Compagnie Lithographique, 1952, pp. 15-16.

Constitutionnalité :     L'Hymne National est: La Dessalinienne. [Constitutions 1987; I, 4.1] 
Paroles :   Justin Lhérisson 
Musique :   Nicolas Geffrard

Pour le Pays, pour les Ancêtres
Marchons unis, marchons unis
Dans nos rangs point de traîtres
Du sol soyons seuls maîtres
Marchons unis, marchons unis
Pour le Pays, pour les Ancêtres
Marchons, marchons, marchons unis
Pour le Pays, pour les Ancêtres 

II

Pour les Aïeux, pour la Patrie
Béchons joyeux, béchons joyeux
Quand le champ fructifie
L'âme se fortifie
Béchons joyeux, béchons joyeux
Pour les Aïeux, pour la Patrie
Béchons, béchons, béchons joyeux
Pour les Aïeux, pour la Patrie 

III

Pour le Pays et pour nos Pères
Formons des Fils, formons des Fils
Libres, forts et prospères
Toujours nous serons frères
Formons des Fils, formons des Fils
Pour le Pays et pour nos Pères
Formons, formons, formons des Fils
Pour le Pays et pour nos Pères

IV 

Pour les Aïeux, pour la Patrie
O Dieu des Preux, O Dieu des Preux
Sous ta garde infinie
Prends nos droits, notre vie
O Dieu des Preux, O Dieu des Preux
Pour les Aïeux, pour la Patrie
O Dieu, O Dieu, O Dieu des Preux
Pour les Aïeux, pour la Patrie

V

Pour le Drapeau, pour la Patrie
Mourir est beau, mourir est beau
Notre passé nous crie:
Ayez l'âme aguerrie
Mourir est beau, mourir est beau
Pour le Drapeau, pour la Patrie
Mourir, mourir, mourir est beau
Pour le Drapeau, pour la Patrie

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7 juin 2007 4 07 /06 /juin /2007 00:00

LUI




























































        

           
                                                        
 









                                                                                 
 
 

34 ans aujourd'hui...

Heureux anniversaire David !
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5 juin 2007 2 05 /06 /juin /2007 15:12

Il y a une vingtaine d’années, lorsque Inter Aide a débuté son action dans les Cahos, elle s’est appuyée sur des écoles presbytérales déjà existantes, et ce sur la demande des prêtres locaux. Parmi les écoles communautaires soutenues par OKPK et Inter Aide, certaines sont construites sur des terres appartenant l’Église. Quelquefois, ce n’est pas très clair puisque, comme à Plassac, l’école jouxte l’église. Mais les actes de propriété sont là pour rappeler le bon droit de chacun.

Or, cette année, le père C. a décidé de son propre chef de « reprendre » l’une des meilleures écoles soutenues par OKPK, celle de Plassac. Ce n’est pas son premier coup d’éclat puisqu’il a déjà mis la main sur l’école de Savane à Roches il y a deux ans. Celle-ci était construite sur une terre de l’Église. Il a donc brandi le droit de la terre, décrétant ainsi que tout ce qui était édifié sur cette terre appartenait à l’Église. Malgré les promesses du père, le comité s’est fait éconduire une fois la passation terminée. Les écolages (somme que doit verser chaque enfant en début d’année) ont doublé, voire triplé. Les parents ont du racheter les livres qui appartenaient à l’école. C’est donc aujourd’hui une kay pè, une école du père, qui fonctionne bien, mais reste élitiste puisque chère.

Pour en revenir à Plassac, le prêtre veut donc s’approprier l’école et il l’a annoncé lors de son prêche dominical. Mais les choses ne sont pas si simples. Une partie des bâtiments se trouve sur une terre appartenant à la communauté, qui a l’acte de propriété en main. Mais ce n’est pas un problème pour cet homme d’église : il est arrivé par un beau dimanche d’avril, accompagné de policiers en civil –mais armés– pour annoncer qu’il reprendrait l’école à compter du mois de septembre. Et ce fut acté. La communauté est divisée. D’un côté, nous avons les gens du comité de l’église, qui veulent que l’école soit sous l’égide du père. Même s’ils n’y ont pas d’enfants, ils ont suffisamment d’influence pour légitimer leur choix. De l’autre, nous avons le comité de l’école, représentant de la communauté. Celle-ci est à forte majorité protestante. Mais, elle reconnaît quand même l’autorité du père, catholique, ou plutôt, devrais je dire qu’elle la craint. Et entre les deux sont les maîtres, qui sont relativement partagés. Le curé leur promet de gros salaires, ce qui fait pencher la balance de son côté.

Si l’école devient presbytérale, les écolages seront de 500 gourdes par élève, quelque soit la classe (aujourd’hui, ils sont compris entre 300 et 800 gourdes). Les parents devront acheter en plus les livres et les uniformes. L’école deviendra alors élitiste et desservira le but que s’était donné Inter Aide, c’est à dire scolariser le plus grand nombre d’élèves possible dans la zone. De plus, qu’ils soient maîtres, élèves ou parents, qu’ils soient protestants ou catholiques, tous devront fréquenter l’église un à deux dimanche par mois, sous peine d’expulsion de l’école.

Mais, me direz-vous, comment est-il possible de prendre une terre qui ne nous appartient pas ? Nous sommes en Haïti et l’Église, ou du moins ce qu’elle représente ici, a énormément de poids sur les communautés. Qu’elles soient protestantes, catholiques, vaudouïsantes, Dieu est présent partout en permanence. Les prêtres ont autant de poids que le clergé en France à une certaine époque. Cela peut être perturbant, surtout pour ceux qui auraient des prédispositions mégalomanes. Donc, annoncer que l’on s’empare d’un bien tout en sachant qu’il ne nous appartient pas montre l’autoritarisme non contesté et non contestable de l’Église dans cette zone.

Nous avons rencontré le comité de l’école vers la mi-mai. Il est présidé par Duchange, un homme qui n’a pas l’habitude de se laisser marcher sur les pieds. Certains disent que c’est un ancien Tonton Macoute. Nous leur avons conseillé d’organiser une réunion de parents afin de voir dans un premier temps quel était l’avis de la communauté. Mais aussi de contacter des journalistes, d’envoyer un courrier à l’évêché de Gonaïves, de faire une émission de radio… bref, de diffuser le plus largement possible l’information. Mais porter plainte n’est venu à l’esprit de personne. Comme si on ne pouvait pas décemment s’attaquer à un homme aussi influent. Comme si le combat était perdu d’avance. Se bon dye ki vle…Toujours ce fatalisme haïtien ?! Pourtant, avant-hier, en réunion d’équipe, nous en avons discuté et les animateurs disaient que, s’il y a plainte de déposée, elle pourrait aboutir puisque les membres du comité possèdent l’acte de propriété. L’avenir de l’école est entre les mains de la communauté, mais il faut qu’ils se dépêchent car le père C. a déjà commencé à clôturer l’enceinte de l’école…

Mais pourquoi OKPK n’intervient-il pas, me direz-vous ? Parce que c’est l’école de la communauté, qu’elle ne nous appartient pas et que nous ne devons pas nous immiscer dans des conflits d’intérêts. Si la communauté ne se bat pas pour garder son bien, c’est qu’elle n’a pas la motivation nécessaire pour avoir son école… Je vous tiendrai informé de la suite des événements.

Je ne voudrai pas pour autant diaboliser l’action de l’Église en Haïti. Les écoles presbytérales sont très souvent d’un bon niveau et donc assez réputées. Ici, le problème est humain : un homme d’Église s’approprie illégalement un bien communautaire dans un but purement lucratif. Mais beaucoup de prêtres font un travail fantastique auprès des communautés. Tous ne deviennent pas, comme Aristide, des dictateurs…

J’ai un autre exemple de prêtre un peu mégalo qui a fait parler de lui dernièrement. Le père L. pratique à Médor, petite bourgade perdue dans les mornes, et y a dernièrement fait bâtir une cathédrale. Celle-ci, comme vous ne le voyez pas sur la photo ci-dessous, est immense! Elle a nécessité une énergie, une somme d’argent, une quantité de matériel qui peuvent paraître démesurés comparés aux moyens de la population. Nous avons entendu dire que, lorsqu’un fidèle arrivait à l’église le dimanche sans porter une roche pour l’édification de la cathédrale, le père lui donnait des coups de bâton et le renvoyait chercher la roche. Mais la population est fière de voir un tel édifice dans le village. Cela montre aux autres ce qu’ils sont capables de faire, malgré les difficultés d’accès. Pour moi, avec mon regard d’occidental et d’athée, je trouve difficile d’admettre qu’un homme puisse utiliser de tels moyens juste pour laisser une trace de son passage sur Terre. C’est utiliser la foi des plus défavorisés pour alimenter son prestige. Les croyances sont parfois des trompe-l’œil qui servent à cacher la cupidité et la soif de pouvoir de certains hommes, qui, même s’ils sont prêtres, n’en restent pas moins humains…

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5 juin 2007 2 05 /06 /juin /2007 15:00




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4 juin 2007 1 04 /06 /juin /2007 23:01

Mercredi, en allant visiter une école dans le Bas-Cahos, nous nous arrêtons pour prendre en roue libre (en stop) deux de nos voisins de Bel Air. Il sont descendus à Petite Rivière de l’Artibonite, LA ville du coin, à quelques six heures de marche, pour acheter des garnitures pour un cercueil. L’un d’entre eux a déjà assemblé les planches, à la demande d’une famille dont l’un des siens est très malade. « L’ap mouri » (il va mourir). Moi, naïve : « Mais peut-être ne va-t-il pas mourir ? » Eux, sûrs d’eux, comme on déclame une évidence : « Il va mourir ».

Le même jour, alors que nous grimpions une pente raide pour nous rendre à l’école de Grand Rac, l’animateur communautaire qui nous accompagnait nous invitait à la prudence. Par chez lui, la veille, quelqu’un est tombé : son pied a roulé sur une roche, il a dévalé la pente, sa tête s’est fendue, il est mort.

En remontant la piste le surlendemain, vendredi, nous « donnons une roue libre » à quatre femmes. Je connais assez bien Cléane, l’une d’entre elles, elle enseigne à l’école de Veillon et était graduée du centre d’application couture l’année dernière, classe dont j’étais la marraine générale. (Elle a d’ailleurs gardé l’habitude de m’appeler « marraine ».) Je fais remarquer à David que nous sommes vendredi, jour d’école donc, et qu’une enseignante est dans notre voiture au lieu d’être en classe… Nous discutons avec Cléane, elle nous apprend qu’elle est descendue pour les funérailles de sa tante.

Il y a une quinzaine de jours, un gros orage a éclaté à Bois Carré, à côté de là où nous stationnons la voiture, soit à une heure de marche de Pérodin. Deux femmes ont été frappées par la foudre alors qu’elles revenaient du marché et sont décédées. Il s’agissait de deux belles-sœurs, habitant la même cour. L’une laisse un enfant, l’autre cinq. Dans les Cahos, on a beaucoup parlé de ces morts, accidentelles, justement parce qu’elles le sont. Comme me le faisait remarquer Élor, lorsque quelqu’un est couché, malade, on s’attend à son décès. Quand les gens ne sont pas souffrants, leur disparition est plus difficile à expliquer, à accepter.

L’espérance de vie en Haïti est de 50 ans environ. Toutes les semaines, quelqu’un de notre entourage perd un proche. Aujourd’hui, on nous a annoncé le décès du père d’Athéus, animateur communautaire avec lequel nous travaillons. Il arrive que les gens meurent de vieillesse, le père d’Athéus aurait eu plus de 90 ans paraît-il. Mais, ce n’est vraiment pas le cas le plus courant...

La vie en Haïti, dans les Cahos, c’est aussi, pour nous, apprendre à côtoyer la mort de manière quasi-quotidienne.

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