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Texte Libre

Bonjour à vous, amis bloggeurs. Voici une porte ouverte sur Haïti, pays dans lequel nous avons vécu et travaillé pendant près de deux ans. Nous habitions à Pérodin, petit village au coeur de la chaîne des montagnes noires, appelée aussi chaîne des Cahos, dans le département de l'Artibonite.

En octobre 2005, nous atterrissions à Port-au-Prince. Nous avions été embauchés par l'association Inter Aide en tant que responsables d'un programme de scolarisation primaire dans une zone "rurale et isolée", selon les termes de l'annonce...

Un an plus tard, revenus dans les mornes haïtiennes et heureux propriétaire d'un appareil photo numérique, nous avions désormais la possibilité de vous faire découvrir en images notre cadre de vie.

C'est ainsi qu'est né le blog.

De nouveau sur le territoire français depuis le mois d'août 2007, nos chemins se sont séparés. Si bien que davantage qu'un blog, cet espace est désormais plus un aperçu d'une tranche de vie.
En espérant que sa visite vous plaise...
3 juin 2007 7 03 /06 /juin /2007 21:39

En allant à Chenot (une de nos zones d’intervention) l’autre jour, je croisai une colonne d’enfants portant des roches sur la tête. « Pourquoi, pour qui le font-ils ? ». Ils me répondirent qu’ils portaient pour le père de la paroisse qui souhaite bâtir des salles supplémentaires dans son école et que chaque élève devait amener dix roches pour avoir le droit de composer aux examens de fin d’année qui se dérouleront dans une dizaine de jours. J’enregistrai l’information… Un peu plus loin, sur le chemin argileux encore tout glissant des pluies de la veille, je rencontrai d’autres enfants avec, cette fois, des bokits (récipients) remplis de sable sur la tête. Je les interrogeai et ils m’apprirent, eux-aussi, qu’ils devaient acheminer dix bokits de sable chacun s’ils voulaient pouvoir participer aux prochains contrôles.

Si je comprends la mesure, j’ai quelques difficultés à cautionner... Mais, elle n’est pas exceptionnelle. Comme dans bien d’autres endroits au monde, le travail des enfants est la norme dans les mornes haïtiennes. Ils participent aux travaux de la maison, vont chercher de l’eau à la source ou la rivière, vendent sur les marchés, sarclent le pois dans les champs, préparent les repas, etc., avant et/ou après l’école, le matin et le soir, ou encore à la place de l’école…

Dans les écoles soutenues par OKPK (l’association haïtienne auprès de laquelle nous sommes détachés par Inter Aide), nous exigeons également un « apport local valorisé » avant de commencer l’édification d’un bâtiment. Mais, nous ne contraignons pas les enfants. Enfin, pas directement… Dans le contrat que nous passons avec les écoles, le comité de gestion de l’établissement, composé d’enseignants et de parents d’élèves bénévoles, s’engage à apporter sur le terrain le sable, l’eau et les roches nécessaires à toute construction. Une fois les matériaux sur place, OKPK livre le ciment, les barres de fer, les planches, les tôles, les clous, etc. Le comité s’organise pour que la communauté participe à ce dur labeur. Les lieux d’extraction des roches et/ou les rivières sont parfois loin de l’école et les pentes des mornes sont, le plus souvent, bien raides. Il arrive que les comités demandent aussi aux écoliers de participer. La responsabilité du travail des enfants est donc, quelque part, transférée ?

« L’apport local valorisé » ne représente qu’une partie du travail demandé à la communauté pour l’érection de salles de classe. Il s’agit ensuite de porter les matériaux de construction jusqu’au chantier. Si les véhicules parviennent à la porte de quelques-unes des écoles soutenues, pour la plupart, la piste carrossable s’arrête à plusieurs heures de marche, jusqu’à cinq ou six heures. Il arrive que les gens utilisent des mules ; mais, le plus souvent, c’est à tête d’hommes et de femmes que se fait le transport des tôles, barres de fer et autres. Et, un sac de ciment pèse 42,5 kilos ! Pour ce travail, OKPK rémunère les porteurs en fonction de la distance à parcourir.

La réalisation de bâtiments durables a été initiée par Inter Aide et OKPK il y a quelques années pour remplacer les traditionnelles tonnelles aux poteaux en bois, couvertes de paille ou de tôles, ou  les bâtiments en terre, voire même pour doter l'école, jusqu'à lors hébergée dans l'église de la localité, de locaux. Ce projet représente une plus-value non négligeable pour la qualité de l’éducation. Les élèves sont ainsi à l’abri de la pluie et du vent ; les cloisons entre les classes limitent quelque peu la cacophonie. Et puis, ces chantiers sont souhaités, demandés, désirés. Il semblerait en effet que l’existence d’une « belle école » favorise nettement son appropriation par la communauté et encourage les parents à scolariser leurs enfants. Les écoles sont, avec les églises, bien souvent les seuls locaux en ciment d’un village. Ainsi, tous les ans, nombreux sont les comités de gestion des écoles qui déposent un projet de construction auprès d’OKPK. Tellement que, faute de moyens logistiques, humains et financiers suffisants, nous ne sommes pas en mesure de soutenir chaque année tous les projets déposés. Et puis, d'une part il nous semble important de fixer des limites et, d'autre part, nous ne pouvons engager de construction que si le comité de gestion de l’école se montre motivé, dynamique et sérieux, ce qui n'est pas toujours le cas.

Les constructions en dur ont donc un coût ! En outre, elles ne semblent pas toujours aussi durables qu’on le voudrait –David, responsable des chantiers, vous en parlerait sûrement mieux-, du fait en particulier de la mauvaise qualité du sable apporté, très souvent mêlé de terre qui empêche le ciment de bien « tenir », et des compétences souvent insuffisantes des « boss » (artisans qui travaillent sur les chantiers). Néanmoins, cela semble souvent valoir le coup, voyez le résultat :

 

École de Grand Rac (Gran Rak), au moment de la récréation.


Celle-ci accueille, en 2006-2007, 194 élèves de la classe de pré-scolaire (maternelle) à la 5ème année fondamentale (équivalent du CM1 en France).

 

 

 

 

École de Haussé (Ose).


Quatre des cinq classes se réunissent dans le bâtiment en dur ; les élèves de 4ème année suivent les cours sous la tonnelle couverte de "paille", à gauche sur la photo.
Comme dans la plupart des écoles, le drapeau haïtien, levé chaque matin, flotte dans la cour.

 

École de Bien-Placé (Byen Plase),
vue d'en haut.


Un bâtiment est actuellement en construction, à gauche du premier. En attendant qu'il soit terminé, les classes qui ne trouvent place entre quatre murs se réunissent sous la tonnelle (qui est aussi l'église) derrière l'école.

Salle de l'école d'Ingrand (Engran).


Une tonnelle est en train d'être murée, il y aura ainsi trois nouvelles salles de classe. L'école dispose déjà d'un vieux bâtiment de quatre salles.

 

École de Granfond (Granfon).


Aujourd'hui, la tonnelle, au premier plan, n'existe plus : le comité l'a démontée car elle menaçait de s'écrouler. Les deux autres salles, en bois, sont en mauvais état (trous dans les murs, dans les tôles, etc.).

École de Michaud (Micho).


Pour l'instant, cette école n'est composée que d'une tonnelle, sans séparation entre les salles de classe.

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1 juin 2007 5 01 /06 /juin /2007 16:58
Nous recevons régulièrement des "messages de sécurité" en provenance de l'Ambassade de France en Haïti, nous informant du "contexte sécuritaire" dans le pays. Pour vous donner une idée, nous reproduisons ci-dessous, la dernière lettre reçue à ce sujet. Le ton et les propos sont propres à l'Ambassade mais, on dirait bien que ça va "pa pi mal" !

En matière de sécurité, le premier trimestre 2007 a marqué un tournant : une volonté politique affirmée des autorités nationales comme de la MINUSTAH (Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti), l’efficacité accrue de la MINUSTAH (grâce à de nouveaux modes opératoires) et l’accroissement des effectifs de la PNH (Police nationale d’Haïti) ont permis d’obtenir à Port au Prince une amélioration très nette. Dans les provinces, qui n’ont jamais connu la situation qui prévalait dans la capitale, la sécurité est globalement assurée, même si des foyers de tension existent.

 

Port au Prince

A Port-au-Prince, les opérations menées depuis fin décembre dans les quartiers qui étaient devenus des zones de non droit ont permis de disperser la plupart des gangs importants. Parmi la dizaine de chefs de gangs les plus dangereux, sept ont été successivement arrêtés : Ti Kouto et son adjoint Ti Pouchon, Belony et son adjoint Cadet, Ti Blanc, Bled Nasson, Willio Jeune, frère et complice de Ti Kouto. Au total, la MINUSTAH estime à plus de 700 le nombre des membres de bandes armées arrêtés depuis le début de l’année, d’autres ont fui en province. A Cité Soleil comme à Martissant [quartiers de la capitale], la vie reprend : les marchandes de rues ont fait leur réapparition, les marchés revivent, les taps-taps (sortes de taxis collectifs) traversent à nouveau ces quartiers, la MINUSTAH et la police ont progressivement mis en place un maillage d’implantations fixes et patrouillent dans les artères principales. Les premières réimplantations de services publics et réhabilitations de bâtiments publics  interviendront dans les prochaines semaines.

Une baisse très notable du nombre des enlèvements est constatée depuis début mars. Le nombre avait été de 634 (52,8 par mois) en 2005 et de 498 (soit 40,6 par mois) en 2006. Il a été de 27 en janvier, 25 en février, 24 en mars, 12 en avril et 16 en mai.

Il est également à noter que, pour la première fois depuis qu’a commencé, en 2004, la vague d’enlèvements qui a semé l’insécurité à Port au Prince, six auteurs de rapts ont, depuis le début de l’année, été condamnés et frappés de lourdes peines (perpétuité).

Le nombre des assassinats recensés, en revanche, demeure préoccupant. Il a sans nul doute diminué très fortement dans les quartiers qui étaient devenus des zones de non droit et dans lesquels la sécurité est progressivement rétablie, même si cette amélioration ne se traduit pas dans les statistiques, parce que la plupart de ces assassinats n’était pas enregistrée. Pour ce qui est des assassinats recensés, on en dénombre toujours -malgré des variations assez fortes selon les périodes- au moins 3 par jour à Port au Prince, soit un nombre comparable, pour cette ville de 2,5 millions d’habitants, au nombre d’assassinats commis sur l’ensemble du territoire français.

On constate par ailleurs que le nombre des enlèvements accompagnés de violences augmente, et même que certaines personnes kidnappées sont désormais assassinées malgré le versement par leurs proches de la « rançon » exigée.

 

La province

Dans la plupart des autres régions, le calme est assuré. La fuite de nombreux gangsters dans de petites villes ou dans les campagnes ne s’est pas traduite, contrairement à ce que l’on aurait pu craindre, par une aggravation perceptible de l’insécurité ; dans les provinces, en effet, le contrôle social joue et les gangsters sont rapidement repérés. C’est ainsi que Ti Kouto, Ti Bouchon, Belony et Cadet ont été arrêtés, grâce à des informations communiquées par la population, après avoir fui Cité Soleil.

Cependant, des incidents sont signalés et des foyers de tension subsistent dans certaines villes, en particulier aux Gonaives [dans le département de l’Artibonite, pas très loin de chez nous]. Dans cette ville, Wilford Ferdinand, dit Ti Will, chef de l’un des deux gangs qui se déchirent depuis plusieurs années, semant à l’occasion l’affolement ou faisant même régner temporairement la terreur dans la population de leurs quartiers, a été arrêté fin mai ; les semaines qui viennent permettront de vérifier si cette arrestation entraîne une diminution durable de l’insécurité à Gonaives.

Il convient, enfin, de garder à l’esprit que le nombre des armes en circulation reste important, en province comme dans la capitale.

 

Conclusion

Les assassinats spectaculaires de personnalités reconnues et unanimement respectées qui ont été perpétrés ces dernières semaines à Port au Prince (l’architecte Nadine Hyppolite-William, l’acteur François Latour) et à Gonaives (le journaliste Alix Joseph) ne doivent pas occulter l’évolution favorable enregistrée ces derniers mois, qui marque un véritable changement.

D’un autre côté, les violences persistantes invitent à considérer que l’accentuation de l’amélioration constatée n’est pas assurée et même que, probablement, l’insécurité risque de se stabiliser à un niveau proche du niveau actuel, au demeurant tout à fait habituel dans la région et, plus généralement, dans les pays connaissant un stade de développement comparable.

Un niveau de sécurité comparable à celui que connaissent les pays européens ne pourra être atteint que progressivement, à mesure que les effectifs de la police augmenteront (on compte actuellement en Haïti, pour une population équivalente, environ quarante fois moins de policiers que dans la ville de New York), que son équipement s’améliorera, que la justice se professionnalisera et que la corruption sera éliminée de ces deux institutions.

L’Ambassade

 

 

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19 mai 2007 6 19 /05 /mai /2007 21:53


D'abord, préparer la potion : des feuilles d'hibiscus, quelques grains de sel, un peu d'huile, trois ou quatre gouttes de clairin (alcool de canne à sucre).


Le docteur, en boit aussi –pour se donner du courage peut-être ?- et en verse un peu à terre, afin de s'assurer de la protection de Dieu, pendant l'opération !

 

Il s'agit ensuite de masser ma cheville qui demeure enflée depuis l'entorse du mois dernier.

Le docteur masse, avec savoir-faire et application, murmure quelques prières, approche sa bouche tout près de mon pied, malaxe jusqu'à mi-cuisse...




Quelques petits tours de mains sur la cheville valide également, histoire qu'elle ne soit pas jalouse et que ce ne soit pas elle qui récupère le mal de sa voisine !

Pour finir, le praticien noue plusieurs fois une petite liane (neuf nœuds je crois) et l’attache autour de ma cheville avec, pour consigne, de la conserver jusqu’au lendemain après-midi.

Résultat : une dizaine de jour après le traitement, ma cheville est encore un peu enflée… Peut-être devrais-je rappeler le docteur feuilles ?


Peut-être devrais-je également présenter le monsieur à ma grand-mère, elle qui panse le feu grâce à des bourgeons de chêne ? Sans doute échangeraient-ils des recettes...
Mémé, qu’en penses-tu ?

 

 

 

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12 mai 2007 6 12 /05 /mai /2007 21:24

 



Madame Odilom                 Gaëlle                   Fanny                     Régis

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26 avril 2007 4 26 /04 /avril /2007 22:25

Une fois les résultats du premier tour des élections présidentielles connus, nous sommes allés manger un hamburger ! On a joué au billard, lu la presse ou regardé un match de foot qui opposait deux équipes espagnoles.

Pour nous, c’était un dimanche presque normal dans le sens où il pouvait ressembler à ceux que nous vivions avant l’expatriation en Haïti : nous avions du plaisir à être ensembles et à faire autre chose que travailler !





 

Nous avons discuté politique, aussi, et notamment du non d’une majorité des Français, l’année dernière, au referendum sur la constitution européenne. Toujours concentrés !


 


 

Puis, nous avons joué aux cartes, c’était moins polémique ;-)…

Pour finir la journée, nous avons travaillé sur un projet de financement des écoles communautaires soutenues par notre association, projet que nous soumettrons, peut-être, à la coopération canadienne. Faut pas exagérer le temps de la récréation quand même !

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23 avril 2007 1 23 /04 /avril /2007 17:22
Dimanche 22 avril 2007, un peu avant 13 heures, on attend, concentrés et un peu angoissés ! Le bar où nous nous sommes réfugiés pour avoir les résultats est fermé mais le patron accepte que nous restions là et même que nous consommions nos Pringles et bières.



En face : une chaîne française reçue via la liaison satellite de la Guadeloupe, une image qui saute un peu, un écran neigeux mais, on capte néanmoins l'essentiel...

Et puis, à 13 heures, le résultat :



Bon, ça aurait pu être pire... Il y a quelques jours, une enquête des RG aurait annoncé la possible présence du leader du FN au second tour.
Donc, "papimal" comme on dit ici ! Mais, il y a du boulot pour le second tour... Non, il ne m'est pas interdit de militer sur ce blog ;-).

Rendez-vous dans 15 jours.

Au fait, vous avez entendu parler du livre interdit, censuré, de Serge Portelli, sur le bilan de Nicolas Sarkozy au ministère de l'Interieur ? Et aussi de l'article de Marianne sur la personnalité très particulière du même monsieur qui, semble-t-il, pourrait s'avérer sérieusement dangereux ? Non ? Dites-le moi, je vous transfère les références par mail. Si on peut sauver quelques voix... ;-)

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16 avril 2007 1 16 /04 /avril /2007 18:31
Les petits chats sont morts...

Nous étions à Port-au-Prince quand Emmanuel nous a appelés pour nous annoncer la triste nouvelle. Alors qu'ils jouaient avec les chatons la veille, ils ont retrouvé trois petits corps sans vie le lendemain matin. Le quatrième est resté introuvable.

Que s'est-il passé ? Nous ne savons pas. Ont-ils mangé un rat qui avait ingéré du poison ? Peut-être. Le gardien dit qu'ils ont été tués par la mère puisque c'est elle qui aurait ramené le rat. Peut-être. D'après les collègues, Cannelle les a appelés, cherchés... mais pas trouvés. Ses mammelles sont encore pleines de lait, elle semble triste. Moi, je le suis...

La mort des petits chats, un peu plus d'un an après celle des petits chiens, me rappelle que la vie, qu'elle quelle soit, humaine ou animale, ne tient pas à grand chose. Peut-être encore plus ici, où nous cotoyons la mort presque tous les jours,
qu'ailleurs...


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14 avril 2007 6 14 /04 /avril /2007 19:07
Le danois Coupe au carré, de Flemming Jarlskov, fut le dernier des trois a quitté ma table de nuit. La lecture fut plaisante mais ce n'est pas celui que j'ai préféré.

Intéressant aussi La cité des jarres de l'islandais Arnaldur Indridason.

Pourtant, je crois bien que ma préférence va toujours à Henning Mankel et les enquêtes menées par Wallander. Dans Meurtriers sans visage, le commissaire suédois n'est pas dépeint sous son meilleur jour : pas toujours tolérant lorsqu'il se pose des questions sur le droit des étrangers à vivre dans son pays et pas des plus admirables dans certaines situations... Peut-être est-ce ce qui en fait un personnage attachant malgré tout ? Il me semble que dans les romans suivants, H. Mankel lui attribue davantage de qualités. Kurt Wallander n'en demeure pas moins un bon policier et l'enquête ait bien ficelée.

Ces trois polars m'ont fait découvrir des facettes de sociétés scandinaves et me donnent envie de voyager dans ces contrées bien plus fraîches qu'Haïti ! Un jour, peut-être ? Sans doute...
























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9 avril 2007 1 09 /04 /avril /2007 17:36

...et je te dirai qui tu es ? Non, ce n’est pas vraiment ça…

...et tu seras millionnaire ? Non, pas exactement non plus…

...et je gagnerai à la borlette ! Et oui !

Fanny raconte : Madame Laurent a rêvé de deux filles massissi (homosexuelles), bouches et « affaires » collées, dansant. Elle a joué 66, la boule massissi, et a gagné le premier lot : 100 gourdes1 pour seulement deux gourdes jouées.

Il s’agit de la « borlette » (bòlèt), ou loterie, sport national en Haïti !

Et, comme pour tout jeu ou sport, les règles sont précises.

Les numéros vont de 1 à 99, il y a les boules paires, composées de deux chiffres identiques (11, 22, 33, etc.) et les autres. Ces dernières ont toutes un « revers ». Par exemple : 26 et 62, 18 et 81. Si vous jouez une boule, vous jouez automatiquement, en même temps, le revers. Par exemple, si vous avez 10 gourdes, vous en miser 5 sur 26 et autant sur 62, ou alors vous mettez les 10 gourdes sur une boule paire.
Pour 10 gourdes jouées, vous obtenez 500 gourdes si vous « faites le 1er lot » (si c’est la première boule à sortir lors du tirage), 200 pour le 2ème lot et 100 pour le 3ème lot.

 

 

 Les habitants du Haut-Cahos ont la possibilité de jouer à deux borlettes : celle du Bingo du Nord, dont les résultats sont donnés sur radio Vénus, de 13h30 à 13h35, et celle de New York, écoutée sur la station Nirvana à 18h45 et, si on a loupé le tirage, sur Vision 2000 à 21h. Les rêves faits en début de nuit vous serviront pour la borlette de New York. Comme on a « dormi dessus », on ne peut pas les jouer à la loterie du matin. Evidemment ! Logique donc que les rêves de fin de nuit, ceux de 3-4 heures du matin, soient pour Bingo du Nord...

Vient ensuite l’interprétation des rêves, non pas pour mieux se connaître mais pour savoir à coup sûr quels numéros jouer. En voici quelques exemples, dans l’ordre dans lequel ils m’ont été confiés :

    • · Si on rêve d’une femme en vie alors qu’elle est décédée : jouez 08, si elle vous parle : 33, s’il s’agit d’un homme : 10, 47 et 88.
    • · Si on rêve d’un gros chien : 59. Fanny illustre son propos de preuves : elle a rêvé qu’elle jouait avec Maga (notre chienne), elle a joué 59 pour 3 gourdes et en a gagné 150. Normal ! Pour un gros chien, on peut aussi jouer 57. 

Attention, à chaque fois, il s’agit de jouer une boule et son revers, il ne peut en être autrement. Mais, pour chaque rêve, c’est un seul numéro qui correspond, pas la paire. 

Suite de l'exposé :

    • · Si on rêve d’un chien et de ses petits : 12 et 15 ; d’un chat : 14.
    • · Si Fanny voit une femme qu’elle connaît, haïtienne, en rêve, c’est le 05 et/ou le 22 qui sortiront ; s’il s’agit d’un homme : 26 et 19.
    • · Si on est couché sur un lit : 44 ou 45.
    • · Si on rêve de relations sexuelles, il y a plusieurs numéros. Je vous traduis le créole de manière littérale pour le plaisir des images : si je rêve que la clé est dans la boîte, il faut jouer 62 mais aussi 10 pour la clé de David et 03 pour ma boîte… Tout un programme ;-) !
    • · Si des sorciers (bokò) ou des esprits (loa) vaudous apparaissent en songe, si des gens chantent et dansent pour un loa, il faut jouer le 37.
    • · On allume la radio et/ou la radio émet : 34.
    • · On traverse un cours d’eau claire : 17 ; si l’eau est sale, si on rêve d’une grosse rivière ou de la mer : 69.
    • · On se lave les cheveux, on se les peigne : 38.
    • · On court : 35 ; on est assis, on mange : 58 et 56.
    • · On voit des roches ou on en assemble : 25.
    • · Si on rêve d’œufs de poule, il faut jouer 06.
    • · Une voiture : 02 et 90.
    • · Si on rêve que quelqu’un meurt alors qu’il est encore en vie : 02.
    • · Un téléphone : 07.
    • · Quelque chose qui nous fait de la peine, qui donne du souci : 08.
    • · On rêve que l’on accouche : 34 ; 13 si c’est une fille, 12 pour un garçon.
    • · Si on se brosse les dents ou qu’on a mal aux dents : 23.
    • · Si Fanny rêve d’une fille, d’une femme blanche, elle jouera 03 (tiens, comme pour la boîte ;-)), d’un Blanc : 46.
    • · Un gros serpent : 39.
    • · Un gros arbre : 98, un petit bout de bois : 24.
    • · Du feu : 26.
    • · Des cerises de café rouges, mûres, sur pied : 27 ; du café sec : 68.
    • · Une bagarre : 78.
    • · Un étranger à la zone vient chez moi : 11 et 78.
    • · Un bœuf : 16, 67 et 96.
    • · Des bijoux : 25.

Il commence à se faire tard, Fanny doit rentrer… Sinon, elle pourrait continuer à me raconter les chiffres encore et encore. Mais vous en savez peut-être assez ?

Fanny est contente car Toto a acheté un livre… Elle en a déjà un mais tout n’y est pas. Parfois, elle rêve et ne sait pas quelles boules jouer. Avec le nouveau livre, plus gros et plus complet, elle saura à présent ! Fanny ne sait pas lire et à peine écrire son nom et, en plus, le livre est en français. Mais ce n’est pas grave, elle trouvera toujours quelqu’un à qui demander.

1 La gourde est la monnaie haitienne, 1 euro = 50 gourdes environ, 1 dollar = 40 gourdes environ.

 


 

Parce que oui, il y a bel et bien des ouvrages pour ça ! Par exemple :

Le bréviaire des joueurs de loteries, dixième édition revue et augmentée, préparée par ACM, tous droits réservés, Haïti : 1978, 224 pages.

Ce bréviaire (sic) commence par un « Avertissement ». Je vous le recopie, ça vaut le détour :

« Il n’est pas donné à tout le monde de réussir dans la vie. Entre la réussite dans la vie et la chance au jeu, il y a une grande différence : tous ceux qui pratiquent le jeux de hasard ont une époque de chance et ils n’ignorent pas ces périodes. Fort de ce principe, nous sommes entrés en communication avec des savants étrangers qui sont des maîtres en Astrologie, Chiromancie. Après leur approbation et suivant leurs conseils, nous avons résolu de vous présenter ce petit livre qui est le fruit d’un dur labeur scientifique et d’une minutieuse méditation. Les précisions et les précautions dont nous nous sommes entourés nous font penser chers lecteurs que chacun trouvera sa part. Nous avons fait de notre mieux pour satisfaire les joueurs les plus difficiles. Aussi avons-nous compris qu’il fallait donner aux joueurs le maximum de garantie dans le choix des numéros de chacun des mots. Pour éliminer les recherches inutiles, nous avons classé rigoureusement les mots dans l’ordre alphabétique.
Ce n’est pas un bouquin embarrassant, vous pouvez le porter chers lecteurs et lectrices dans votre poche ou sac à main. Il est loin d’être un tchalas comme on dit dans le langage vulgaire ; c’est plus que cela : un vrai bréviaire écrit pour jouer uniquement à la Loterie, que nous vous présentons.

Consultez-le autant de fois que vous le désirez et la chance vous sourira. Choisissez vos numéros Mesdemoiselles, Mesdames, Messieurs et faites vos jeux. »

C’est signé « A.C.M. », j’ai cherché, nulle part dans le livre je n’ai trouvé la signification du sigle…

Suivent des listes de « nombres marchand par trois, par quatre, par cinq », des tableaux, des conseils aux joueurs (« Après avoir rêvé et dès votre réveil, repassez votre mémoire fidèlement pour chercher à distinguer la chose qui vous a le plus frappé en rêvant. »), la liste des 28 demeures de la lune, la succession des décans et des années (« des naissances favorisées par la chance pure »), les heures favorables : fastes et néfastes selon les jours de la semaine –je ne vous le cache pas, certains propos demeurent plus qu’obscurs pour moi-, et puis, 200 pages contenant chacune 32 mots et les numéros qui leur sont associés !

Ainsi, au hasard : vous avez rêvé de hannetons, et bien il vous faudra jouer le numéro 21, de choucroute (je ne savais pas que c’était connu en Haïti ça ;-)), numéros : 9 et 12 ; de poker : 04 et 44, d’hémorroïdes : 78.
Pour certaines « notions », c’est plus compliqué. Si vous rêvez d’agrafesoui d’agrafes- vous jouerez les 27, 31, 13 et/ou 82. Mais, si vous rêvez que vous trouvez des agrafes, il vous faudra miser sur les 21 et 30, si vous les vendez : 43, si vous les achetez : 73. Pas si simple…
Autre exemple : si Dieu vous apparaît en songe : 81, 47, 00, 33 ; « le prier ou recevoir sa bénédiction » : 04 et 31 ; « vouloir pénétrer son mystère » (sic) : 85 ; « le voir face à face » (re-sic) : 05 et 62 ; « lui parler » : 90 ; « s’il vous tend les bras » : 68 et 92.

La question de savoir si ça marche ou pas ne se pose pas, c’est une évidence ! Une autre preuve ? Fanny a rêvé qu’elle faisait l’amour avec un loa (esprit vaudou) l’autre jour, elle a demandé à la jeune fille qui vit avec elle de jouer pour 15 gourdes (pas plus, elle n’avait pas d’argent et l’a fait en cachette de son mari) et elle a fait 1er lot. Évidemment…

Et ça ne fonctionne pas qu’avec ses propres rêves. Ceux des autres peuvent également faire l’affaire ! Très régulièrement, Fanny nous demande de quoi nous avons rêvé et joue les numéros correspondants. Il arrive même que l’on ait une « bonne tête » comme elle dit ! Que ça marche donc…

Cette nuit, j'ai rêvé que j'étais en Inde, quel numéro dois-je jouer ?

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3 avril 2007 2 03 /04 /avril /2007 19:03
- Non merci, moi je préfère rats et grenouille au p'tit dèj ! Ceci dit, le lézard, c'est bon aussi, mais plus pour le goûter !

- Nous, ce n'est pas trop notre tasse de thé...
Mais ça devrait passer, la mère devrait bientôt cesser de ramener des victuailles pour ses petits non ? En attendant, tout le monde dort dehors !


 











Au cas où vous n'auriez pas bien vu :











Dire qu'on a pris un chat pour que les rats désertent la maison...
Au moins, ceux là, ils sont morts !
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