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Texte Libre

Bonjour à vous, amis bloggeurs. Voici une porte ouverte sur Haïti, pays dans lequel nous avons vécu et travaillé pendant près de deux ans. Nous habitions à Pérodin, petit village au coeur de la chaîne des montagnes noires, appelée aussi chaîne des Cahos, dans le département de l'Artibonite.

En octobre 2005, nous atterrissions à Port-au-Prince. Nous avions été embauchés par l'association Inter Aide en tant que responsables d'un programme de scolarisation primaire dans une zone "rurale et isolée", selon les termes de l'annonce...

Un an plus tard, revenus dans les mornes haïtiennes et heureux propriétaire d'un appareil photo numérique, nous avions désormais la possibilité de vous faire découvrir en images notre cadre de vie.

C'est ainsi qu'est né le blog.

De nouveau sur le territoire français depuis le mois d'août 2007, nos chemins se sont séparés. Si bien que davantage qu'un blog, cet espace est désormais plus un aperçu d'une tranche de vie.
En espérant que sa visite vous plaise...
16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 17:08

 

gouverneur de la rosée

Je viens de relire ce chef d'oeuvre qu'est "Gouverneur de la rosée". J'avais un peu peur de ne pas ressentir les mêmes émotions, puisque la dernière fois que je l'avais lu, j'étais en Haïti, c'était en 2007 ... Je vivais une autre vie, au coeur de la culture haïtienne et de cette vie "paysanne".

Je n'ai pas été déçu. C'était une plongée dans mon passé, mais aussi dans la vie haïtienne, où la question de l'eau est cruciale, où les superstitions sont tenaces, où la religion décide souvent de la vie des hommes. Un pays en construction, voire en déconstruction parfois ... Ce roman décrit à la perfection comment la fatalité est au centre de la vie des habitants des mornes. Le déboisement, les brulis, l'appauvrissement de la terre, les cyclones, les tremblements de terre, sont tout autant d'engeances qui s'accumulent et empêchent ces paysans de voir plus loin que le coucher du soleil. De quoi sera fait demain ? 

Et pour ceux qui reviennent, qui ont connu autre chose, comme Manuel, quelle difficulté de se heurter à ce fatalisme, à cette pauvreté qui sont des creuset fertiles pour les tensions ! Celui qui a de l'espoir est différent, il ramène les autres à leur condition. Et ce roman est pourtant un livre d'espoir, un livre qui fait miroiter un autre lendemain, même si celui ci a un prix ...  

Ce livre me rappelle beaucoup de scènes, de gens, de paysages que j'avais rangé dans un coin de mon esprit. Des scènes qui, sur le moment, pouvaient être anodines, mais qui prennent tout leur sens quelques années plus tard, alors que je vis dans une société occidentale où nous jetons chaque jour de quoi nourrir un pays comme Haïti, une société où les solidarités sont en train de s'effacer et où l'on court après le temps ... Mais où on oublie l'essentiel!

 

"Jacques Roumain a écrit un livre qui est peut être unique dans la littérature mondiale parce qu'il est sans réserve le livre de l'amour. Toute la vie, toute la doctrine, toute la passion de Jacques Roumain semble avoir pour dimension première l'amour." Jacques Stephen Alexis

 

 

 

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23 juin 2007 6 23 /06 /juin /2007 18:43

Peter Mayle, Un bon cru, traduit de l’anglais par Jean Rosenthal, New York : Alfred A. Knopf, 2004 ; Paris : Seuil (coll. « Points »), 2005, pour la traduction française, 275 pages.

C’est frais, c’est léger, un peu comme un rosé de Provence, l’été. D’ailleurs, l’histoire se passe dans le Vaucluse. C’est gentil aussi, un peu trop peut-être ? Quoi qu’il en soit, l’auteur semble s’amuser. Il se délecte de préjugés sur les Français, « esclaves de leur estomac », les Anglais, les Étasuniens, et de la confrontation de sympathiques personnages issus des trois pays. Je me suis amusée avec lui.

Morceaux choisis :

« Revenant à la grande porte, il introduisit une des clés dans le trou de la serrure. Elle refusa de tourner et il se souvint alors de la perversité toute française qui obligeait le mécanisme à fonctionner à l’envers des serrures anglo-saxonnes, constatant une nouvelle fois le génie des Français pour rendre la vie difficile aux étrangers et compliquer les choses les plus simples. » (p. 56.)



« – Ça ne vous gêne pas si je fume ?
 – Allez-y. Vous êtes en France, le paradis des fumeurs. » (p. 121)

« Max jeta un coup d’œil à sa montre –le réflexe inévitable de l’Anglais avant le premier verre de la journée – et se leva pour aller chercher une bouteille de rosé dans le réfrigérateur. » (p. 123)

« Elle attendait qu’il explose, ou au moins qu’il réagisse. Mais il s’était déjà drapé dans cette condescendance réfrigérante que l’Anglais adopte souvent devant des éclats affectifs, notamment quand ils sont provoqués par une femme ou un étranger. » (p. 143)

« Les propriétaires de ces superbes machines, des messieurs enveloppés dans du Lycra trop moulant, évoquaient des saucisses dodues et multicolores. (…) Tous se félicitaient, d’une voix qui dominait sans mal le brouhaha du marché, d’avoir accompli leur épuisante promenade matinale.
– Pourquoi les Américains sont-ils toujours les plus bruyants ? gémit Christie [américaine], assise avec Max à la terrasse d’un café. C’est gênant. » (p. 167)

« – Ne soyez pas trop sévère avec lui : les Français sont persuadés que tout se résout par le sexe. » (p. 200)

Si vous ne connaissez pas Peter Mayle, écrivain britannique installé en Provence, région qu’il affectionne, vous pouvez également le découvrir avec Une année en Provence ou encore Hôtel Pastis.

 

 


 

Jacques Roumain, Gouverneurs de la rosée, Port-au-Prince : Imprimerie de l’État, 1944 ; Éditions Presses Nationales d’Haïti, (coll. « L’intemporel »), 2007, pour la présente édition, 251 pages.

Lecture moins gaie que celle du roman cité ci-dessus…

Bien qu’il ait été écrit il y a une soixantaine d’années, ce livre dépeint une réalité tout à fait contemporaine pour nous. Ainsi, l’auteur traite de la déforestation par les habitants, pour produire du charbon, et de la sécheresse engendrée. Il raconte la vie d’Haïtiens, paysans, « malheureux » comme on dit ici ; la survie du quotidien et la foi d’un homme, revenu de Cuba, qui croit pouvoir trouver l’eau et échafaude des plans pour la canaliser jusqu’aux villages et aux plantations. Si vous souhaitez mieux comprendre des façons de vivre et d’être haïtiennes, lisez Gouverneurs de la rosée !

Jacques Roumain met en mots des impressions ressenties ici depuis près de deux ans. Si ses écrits m’ont tant parlé, c’est sans doute aussi parce qu’ils font écho à ce que nous vivons au quotidien. Je vous laisse en découvrir quelques extraits :

« – Maman, comment allez-vous vivre ?
– A la grâce de Dieu murmura Délira.
Elle ajouta tristement :
– Mais il n’y a pas de miséricorde pour les malheureux. (…)
– C’est traître la résignation ; c’est du pareil au même que le découragement. Ça vous casse les bras : on attend des miracles et la Providence, chapelet en main, sans rien faire. On prie pour la pluie, on prie pour la récolte, on dit les oraisons des saints et des loa [divinités afro-haïtiennes]. Mais la Providence, laisse moi te dire, c’est le propre vouloir du nègre de ne pas accepter le malheur, de dompter chaque jour la mauvaise volonté de la terre, de soumettre le caprice de l’eau à ses besoins ; alors la terre l’appelle : cher maître, et l’eau l’appelle : cher maître, et il n’y a d’autre providence que son travail d’habitant sérieux, d’autre miracle que le fruit de ses mains. » (pp. 59-60)

« Que veux-tu frère… On a éclairci pour le bois-neuf, on a coupé pour la charpente et le faîtage des cases, on a refait l’entourage des jardins, on ne savait pas nous-mêmes, l’ignorance et le besoin marchent ensemble pas vrai ? » (p. 66)

« – L’expérience est le bâton des aveugles et j’ai appris que ce qui compte, puisque tu le demandes, c’est la rébellion, et la connaissance que l’homme est le boulanger de la vie.
– Ah, nous autres, c’est la vie qui nous pétrit.
– Parce que vous êtes une pâte résignée, voilà ce que vous êtes.
– Mais qu’est-ce qu’on peut faire, est-ce qu’on n’est pas sans recours et sans remèdes devant le malheur ? C’est la fatalité, que veux-tu. » (p. 108)

« Il avait toujours regretté, Manuel, de ne pas savoir les écritures. Mais lorsque l’existence, grâce à l’arrosage, sera devenue meilleure, on demandera au Magistrat Communal du bourg d’installer une école à Fonds-Rouge. Il proposerait aux habitants de bâtir de bonne volonté une case pour l’abriter. C’est nécessaire l’instruction, ça aide à comprendre la vie. Témoin ce compagnero à Cuba qui lui parlait de politique, au temps de la grève. Il en savait des choses, el hijo de… su madre, et les situations les plus embrouillées, il te les démêlait que c’était une merveille ; tu voyais devant toi chaque question alignée sur le fil de son raisonnement comme du linge rincé accroché à sécher au soleil ; il t’expliquait l’affaire si clair que tu pouvais la saisir comme un bon morceau de pain avec la main. Il te la mettait comme qui dirait à ta portée. Et si l’habitant allait à l’école, certain qu’on ne pourrait plus si facilement le tromper, l’abuser et le traiter en bourrique. » (p. 194) Une justification, si besoin, de l’intérêt de notre action en Haïti… ?

Alors qu’il y a eu un mort, dans le village :
« Des habitants arrivent, d’autres s’en vont. C’est qu’il faut s’occuper de ces petits nègres restés à la case, aller manger un morceau. Ils retourneront pour la veillée. On a déjà installé dans la cour quelques tables et des chaises empruntées au voisinage. Une odeur de café et de thé à la cannelle se répand. Laurélien a prêté deux piastres, tout ce qu’il avait, pour acheter du clairin [alcool de canne à sucre]. Délira a juste assez d’argent pour payer le Père Savane (prêtre improvisé des campagnes haïtiennes) qui viendra lire les prières et bénir le corps. On n’a pas de quoi pour un enterrement à l’église. C’est trop cher et l’église ne fait pas crédit aux malheureux, c’est pas une boutique, c’est la maison de Dieu. » (p. 217)

 

 


 

Georges Orwell, La ferme des animaux, traduit de l’anglais par Jean Quéval, Londres : Martin Secker & Warburg, 1945 ; Paris : Editions Cham libre, 1981, pour la traduction française ; Paris : Gallimard (coll. « Folio »), 1983, pour la présente édition, 151 pages.

 

Je connaissais l’ouvrage, je l’avais même cité : « Les animaux sont tous égaux, mais certains le sont plus que d’autres » dans certains de mes mémoires du temps de mes études en sociologie. Mais, je ne l’avais jamais lu. C’est à présent chose faite et je ne le regrette pas !


Voici ce que nous dit la 4ème de couverture :

Un certain 21 juin eut lieu en Angleterre la révolte des animaux. Les cochons dirigent le nouveau régime. Snowball et Napoléon, cochons en chef, affichent un règlement :

« Tout ce qui est sur deux jambes est un ennemi. Tout ce qui est sur quatre jambes ou possède des ailes est un ami. Aucun animal ne portera de vêtements. Aucun animal ne dormira dans un lit. Aucun animal ne boira d’alcool. Aucun animal ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux. »

Le temps passe. La pluie efface les commandements. L’âne, un cynique, arrive encore à déchiffrer : « Tous les animaux sont égaux, mais (il semble que cela ait été rajouté) il y en a qui le sont plus que d’autres. »

 


Sans révéler l’histoire et son issue, sa leçon ne pourrait-elle être que l’Humanité et l’humanisation conduisent nécessairement à l’inégalité et à l’injustice… ? Lecture recommandable et recommandée, tout particulièrement en ces temps post-électoraux !

 

 


 

Nick Hornby, Vous descendez ?, traduit de l’anglais par Nicolas Richard, 2005, Paris : 10/18 (coll. « Domaine étranger », pour l’édition française.


Que font deux hommes et deux femmes, bien décidés à en finir, lorsqu’ils se retrouvent au sommet de la plus haute tour de Londres le soir du nouvel an ? Plutôt que de s’épauler pour sauter, ils décident de se regrouper, comme si l’ensemble allait leur permettre de faire front. Bien sûr, leur existence ne va pas changer du tout au tout, du jour au lendemain, bien sûr, les problèmes demeurent, bien sûr, ils auront de nouveau des envies suicidaires mais, à eux quatre, ils vont « émerger » progressivement.

Non, ce n’est pas un livre triste ! On sourit, on s’émeut et on prend plaisir !

Dans la rubrique « du même auteur », découvrez aussi Haute fidélité et A propos d’un gamin.

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14 avril 2007 6 14 /04 /avril /2007 19:07
Le danois Coupe au carré, de Flemming Jarlskov, fut le dernier des trois a quitté ma table de nuit. La lecture fut plaisante mais ce n'est pas celui que j'ai préféré.

Intéressant aussi La cité des jarres de l'islandais Arnaldur Indridason.

Pourtant, je crois bien que ma préférence va toujours à Henning Mankel et les enquêtes menées par Wallander. Dans Meurtriers sans visage, le commissaire suédois n'est pas dépeint sous son meilleur jour : pas toujours tolérant lorsqu'il se pose des questions sur le droit des étrangers à vivre dans son pays et pas des plus admirables dans certaines situations... Peut-être est-ce ce qui en fait un personnage attachant malgré tout ? Il me semble que dans les romans suivants, H. Mankel lui attribue davantage de qualités. Kurt Wallander n'en demeure pas moins un bon policier et l'enquête ait bien ficelée.

Ces trois polars m'ont fait découvrir des facettes de sociétés scandinaves et me donnent envie de voyager dans ces contrées bien plus fraîches qu'Haïti ! Un jour, peut-être ? Sans doute...
























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2 avril 2007 1 02 /04 /avril /2007 18:12
 

Irène Némirovsky, Suite française, Paris : Editions Denoël (coll. « Folio »), 2004, 573 pages.
Prix Renaudot 2004.

A propos du livre :

« Cette parution posthume, écrit il y a soixante ans, dans le feu de l’Histoire, dépeint presque en direct l’Exode de juin 1940, qui brassa dans un désordre tragique des familles françaises de toutes sortes, des plus huppées aux plus modestes. Avec bonheur, Irène Némirovsky traque les innombrables petites lâchetés et les fragiles élans de solidarité d'une population en déroute. On y découvre aussi en annexe un bouleversant échange de correspondances entre Albin Michel (le seul éditeur qui sera fidèle à Irène) et Michel Epstein, montrant comment ce dernier fit tout pour tenter de sauver sa femme, avant d'être lui-même arrêté et de périr dans les camps. »

 

A propos de l’auteure :

« Après la Révolution russe, Irène Némirovsky est contrainte à un premier exil lorsque les Soviets mettent à prix la tête de son père. Après quelques années d'errance en Finlande et en Suède, elle s'installe à Paris. Maîtrisant sept langues, riche de ses expériences et passionnée de littérature, Irène a déjà beaucoup publié lorsqu'en 1929 elle envoie à Bernard Grasset le manuscrit de David Golder. Et Irène devient cette égérie littéraire – aujourd’hui injustement oubliée- fêtée par Morand, Drieu La Rochelle, Cocteau. Il ne faudra pas dix ans pour que ce rêve tourne au cauchemar : victime de l’« aryanisation » de l’édition, l’écrivain n’a plus le droit de publier sous son nom tandis que Michel, son mari, est interdit d’exercer sa profession. Puis la guerre lui arrache à nouveau son foyer, puis la vie. Emportée sur les routes de l'exode, Irène Némirovsky trouve refuge dans un village du Morvan, avant d’être déportée à Auschwitz, où elle est assassinée en 1942. »

 

La dernière phrase :

« Bientôt, sur la route, à la place du régiment allemand, il ne resta qu’un peu de poussière. »

 

Que dire à propos de ce livre qui ne paraisse ni trop anodin, ni ridicule ?
J’ai aimé, oui…
La préface, la prise de connaissance de ce que fut la vie d’Irène Némirovsky, pourrait laisser penser que le sujet du livre aura rapport avec son existence et son tragique destin. Mais il n’en est rien. Mme Némirovsky dresse le portrait de Français qui fuient Paris puis raconte la cohabitation entre soldats allemands et villageois dans un petit bourg, l’« apprivoisement » des uns et des autres par les uns et les autres, les bouleversements des façons de faire et de penser, de ce à quoi l’on croit « dur comme fer », les sentiments contradictoires parfois éprouvés... Un visage de la guerre que je n’ai pas souvent rencontré, au fil des lectures ou au cinéma.
Un livre très bien écrit, intéressant et d’autant plus remarquable peut-être que le sujet est contemporain de l’auteure, tellement qu’elle n’aura pas la possibilité de le voir publier…
Merci Isabel de me l’avoir prêté.

 

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18 janvier 2007 4 18 /01 /janvier /2007 16:43

John Le Carré, La Constance du jardinier,
Paris : Le Seuil (coll. « Points »), 2005, 518 pages.


L'histoire se passe en Afrique, au Kenya.

On y parle des dérives de l'industrie pharmaceutique.

On y traite du dieu Profit et de l'instrumentalisation de populations africaines dont les individus malades deviennent des cobayes.

L'un des personnages principaux est une jeune femme avocate, bien née, épouse d’un diplomate et désireuse de ruer dans les brancards, de ne pas accepter la loi du plus fort, de se battre pour des idées qu'elle croit justes.



C'est l'histoire d'un homme qui, après l'assassinat de sa femme, quitte ses fleurs chéries et son poste assez tranquille au haut-commissariat britannique de Nairobi pour reprendre le flambeau et comprendre le combat de son épouse.

On ne peut pas dire que la fin soit heureuse.
...

Tout cela est alléchant et pourtant, la lecture de ce livre m'a parue bien longue. Certes, c'est bien écrit et très bien documenté -trop peut-être ?- mais, je me suis un peu ennuyée. David m'avait d'ailleurs prévenue. Dommage mais pas très grave ; la prochaine fois ce sera mieux !

Un film, tiré du livre, est sorti il n’y a pas très longtemps je crois, vous qui l’avez peut-être vu, avez-vous aimé ?

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8 décembre 2006 5 08 /12 /décembre /2006 16:54
C'est ce que je me suis dit tout au long de la lecture...
C'est bien écrit, émouvant, poignant, enrichissant et... triste !



Il s'agit de :
Philippe Claudel, Les Âmes grises, Paris : Stock (coll. "Le livre de poche"), 2003, 285 pages.
Prix Renaudot 2003, consacré meilleur livre de l'année 2003 par le magazine Lire, Grand Prix des lectrices de Elle 2004.


Je ne me sens pas "l'âme" de faire une critique de ce livre mais j'en ai trouvé une intéressante ci-dessous :
http://www.parutions.com/pages/1-1-121-3867.html

De Philippe Claudel, l'année dernière, j'ai lu La petite fille de Monsieur Linh. C'est également très bien, émouvant, original, bien écrit et... moins triste !
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26 novembre 2006 7 26 /11 /novembre /2006 18:11

... qu'il y avait un os dans le groin du porc, un os dans la verge du chat, comme chez tous les mâles carnivores, et un os en forme de croix dans le coeur du cerf ?

Non ? Moi non plus, jusqu'à ce ce que je lise Dans les bois éternels, de Fred Vargas. Je voudrais bien avoir confirmation quand même pour l'os dans le coeur du cerf...

Conformément à mes attentes, ce fut top ! Tous s'imbrique, les personnages sont attachants, imparfaits, drôles, un peu loufoques même pour certains. Dans ce roman, il n'y avait pas les trois historiens que j'affectionne tout particulièrement mais on retrouve le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg, pelleteux de nuages incurable !
Vous l'aurez sans doute compris, j'ai aimé et je
conseille !

Fred Vargas, Dans les bois éternels, Paris : Viviane Hamy (coll. "Chemins Nocturnes"), 2005, 450p.
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19 novembre 2006 7 19 /11 /novembre /2006 16:27

Avant de repartir pour Haïti, nous avions rendez- vous chez le dentiste. Dans la salle d'attente, alors que je feuilletais un magazine du type nouvel obs, j'ai lu un article sur « Les bienveillantes » de Jonathan Littell. Le journaliste parlait d'un livre tel qu'on n'en lit que deux ou trois dans sa vie. L'article était bien fait, le thème m'intéressait, j'ai noté les références et l'ai acheté. Tout cela se passait début septembre, bien avant le tapage médiatique qui a été fait autour de ce livre. Aujourd'hui, quand j'entends parler de Littell sur RFI, c'est au sujet de tel ou tel prix littéraire. Il le mérite...

Pour ceux qui aiment les nombreux chapitres, les retours à la ligne et les gros caractères, il y en a peu. Ce livre est divisé en quatre grandes parties, sept chapitres et fait 900 pages. Comme vous devez déjà le savoir, c'est l'histoire d'un officier SS qui revient sur la période noire qu'a été la guerre et nous éclaire sur les différents mécanismes qui huilaient cette machine diabolique, mais aussi sur sa vie et ses  états de service. Au fil des chapitres, il détaille l'extermination des juifs et des bolcheviques, le front de l'Est, la bataille de Stalingrad, les camps de concentration et la débâcle. Ces grands événements dirigent sa vie et entraînent notre héros dans un rôle qui ne lui était sans doute pas prédestiné, celui de bourreau.

Je n'avais jusqu'alors jamais rencontré, au fil de mes lectures, un personnage aussi torturé, aussi complexe que le docteur Aue. Jonathan Littell décrit les obsessions, les paranoïas de son personnage avec un tel réalisme qu'il est parfois difficile de ne pas perdre pied. Son amour fou pour sa soeur jumelle, la haine qu'il voue à sa mère, ses maladies, son homosexualité qu'il doit taire, ses pulsions meurtrières croissantes vont faire de lui un bourreau dont il sera la principale victime.

L'expérience professionnelle et humanitaire de Jonathan Littell lui a sans doute beaucoup servi pour décrire aussi précisément l'indescriptible : les massacres, les charniers, l'état d'esprit de ces hommes, qu'ils soient victimes ou bourreaux, les odeurs, les impressions,...  Il arrive à nous convaincre que nous avons tous une face cachée et qu'il suffit parfois de certaines circonstances pour la libérer. Si on nous en donnait l'ordre en temps de guerre, est-ce que nous ne presserions pas sur la détente ? Ses explications montrent également comment les nazis avaient transformé le génocide en une gigantesque affaire commerciale destinée à financer la guerre. Mais la guerre n'est-elle pas souvent une histoire d'intérêts ?

C'est sans doute, dans son genre, l'un des meilleurs livres que j'ai lu depuis longtemps. La précision des informations donne à ce roman un air de documentaire bien ficelé et le réalisme des  personnages créée le lien qui aide à lire 900 pages assez facilement. Je conseille donc vivement.

Dans la même trempe d'écrivains, je vous conseille de lire « Chroniques abyssiniennes » de Moses Isegawa. L'histoire se passe en Afrique, n'a rien à voir avec la seconde guerre mondiale, mais on y retrouve la même force d'écriture. L'un des meilleurs auteurs africains que je connaisse...

David

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17 novembre 2006 5 17 /11 /novembre /2006 16:11
... et c'est dommage !

J'avais pourtant vraiment bien aimé Amour, Prozac, et autres curiosités, lu lors de vacances en Crête. C'est donc, confiante, que j'ai choisi De l'amour et autres mensonges, cet autre roman de Lucia Etxebarria.
Mais voilà, je trouve ça long, répétitif -par exemple, l'auteure rappelle sans arrêt que l'héroïne est une jeune femme bien fragile de 33 ans...- un peu comme si, si on peut le dire pour un livre, "il s'écoute parler !"

Et puis, l'une de mes collègues, catalane, ne m'a pas dit du bien ni de l'écrivaine, ni de son livre qui a été primé. Alors, j'ai sans doute commencé la lecture avec un a priori négatif ? Elle ne m'a pas dit de bien non plus de Pedro Almodovar. Serai-je pour autant déçue la prochaine fois que je verrai un film de lui ? Vous qui avez peut-être lu d'autres romans de Lucia Etxeberria, me conseillez-vous de persévérer ? De tenter la lecture de Aime-moi por favor ou Un miracle en équilibre par exemple ?

Bref, j'accroche pas vraiment et j'ai même décidé de décrocher, au bout de 150 pages environ, pour me réfugier dans une valeur sûre à mes yeux, un Fred Vargas. Mais ça, c'est une autre histoire...
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12 novembre 2006 7 12 /11 /novembre /2006 15:15
C'est ce que je me suis dit en tournant la dernière page de "Ensemble, c'est tout". J'ai pourtant essayer de faire durer, je lisais certains passages ou phrases deux fois... Mais, c'est fini !
"Ensemble, c'est tout" : sa lecture m'a fait un peu l'effet d'une soirée entre potes ou d'un bon repas ; c'était bon et le souvenir l'est toujours... D'aucuns pourraient dire que ce n'est pas de la grande littérature, et alors ? Et pourquoi pas même ?

Pour vous mettre l'eau à la bouche peut-être, voici ce qu'on peut en dire :
Une année à Paris. Une rencontre improbable, les frictions, la tendresse, l'amitié, les coups de gueule, les réconciliations... de quatre personnes vivant sous un même toit, celui d'un immense appartement haussmannien aussi vide et désolé que leur vie respective. Quatre personnes qui n'avaient rien en commun et qui n'auraient jamais dû s'entendre, jamais dû se comprendre. Un aristocrate bègue, une jeune femme pas plus lourde qu'un moineau, une vieille mémé têtue et un cuisinier grossier. Tous sont pleins de bleus, pleins de trous et de bosses et tous ont un coeur gros comme ça (non, plus gros encore ! )...

Anna Gavalda, Ensemble c'est tout, Paris : Le Dilletante, 2004, 608 pages.
Et n'oubliez pas, « Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c’est leur connerie, pas leurs différences... »
____________________________


Après, j'ai entamé un polar de Henning Mankell. J'allais en terrain connu : j'aime les romans de cet auteur. Je ne fus, là non plus, pas déçue. Pas facile de faire durer la lecture d'un roman policier. Pourquoi faire durer me direz-vous ? Parce que je n'avais plus rien à lire ensuite, il fallait attendre le prochain séjour à Port-au-Prince, où nous stockons nos livres. Ça y'est, ouf, on est ravitaillé !
Les morts de la Saint-Jean, donc, est très réussi. Je ne vous dis rien de l'intrigue, ce serait dévoiler une partie du mystère. Ce que j'aime aussi chez Mankell c'est qu'il me fait découvrir des habitudes suédoises. Il faut d'ailleurs que je prenne une carte pour situer la Scanie, région de Suède dans laquelle vit et travaille Kurt Wallander, le commissaire de l'histoire. Et voilà, c'est fini !
Un auteur que je conseille donc, si vous ne connaissez pas et que vous aimez les polars... Cette fois c'était : Henning Mankel, Les morts de la Saint-Jean, Paris : Seuil, 2004, traduit du suédois par Anna Gilson, 576 pages.

Ce que dit le quatrième de couverture :
Juin 1996. Nuit de la Saint-Jean. Trois jeunes gens ont rendez-vous dans une clairière isolée où ils se livrent à d'étranges jeux de rôle. Ils ignorent qu'ils sont surveillés. Peu avant l'aube, la fête tourne au drame.
Août 1996. Le commissariat d'Ystad somnole sous la chaleur. Alors que des parents signalent la disparition de leurs enfants, Svedberg, un proche collègue de Wallander, est retrouvé mort, défiguré. La peur s'installe dans la région.
Pour la première fois, notre sympathique inspecteur, aux prises avec des soucis de santé et des problèmes sentimentaux, est assailli par le découragement et le doute. Svedberg menait-il une double vie ? Pourquoi les jeunes gens étaient-ils déguisés ? Pourquoi le meurtrier visait-il des victimes jeunes et heureuses ? Pris dans l'enchaînement des découvertes macabres et des rebondissements contradictoires, Wallander parviendra-t-il à mener à bien cette nouvelle enquête qui s'annonce particulièrement ardue ?

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