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Texte Libre

Bonjour à vous, amis bloggeurs. Voici une porte ouverte sur Haïti, pays dans lequel nous avons vécu et travaillé pendant près de deux ans. Nous habitions à Pérodin, petit village au coeur de la chaîne des montagnes noires, appelée aussi chaîne des Cahos, dans le département de l'Artibonite.

En octobre 2005, nous atterrissions à Port-au-Prince. Nous avions été embauchés par l'association Inter Aide en tant que responsables d'un programme de scolarisation primaire dans une zone "rurale et isolée", selon les termes de l'annonce...

Un an plus tard, revenus dans les mornes haïtiennes et heureux propriétaire d'un appareil photo numérique, nous avions désormais la possibilité de vous faire découvrir en images notre cadre de vie.

C'est ainsi qu'est né le blog.

De nouveau sur le territoire français depuis le mois d'août 2007, nos chemins se sont séparés. Si bien que davantage qu'un blog, cet espace est désormais plus un aperçu d'une tranche de vie.
En espérant que sa visite vous plaise...
19 mars 2007 1 19 /03 /mars /2007 19:14

Maison de Pérodin
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7 mars 2007 3 07 /03 /mars /2007 15:57

Deux mois qu’il n’a pas plu, ou presque.

« La poussière va nous tuer me dit Fanny ! ». Ce temps sec profite aussi aux chiques, petites puces qui viennent pondre leurs œufs sous la peau humaine.
Mais, surtout, plus grand chose ne pousse ! Animaux, végétaux et humains souffrent du manque d’eau. Espérandieu ajoute : « Tout est paralysé… ». On nous le dit mais nous nous en rendons bien compte également. Lorsque nous sommes revenus la semaine dernière, les gens se battaient pour porter nos affaires depuis l’endroit où nous laissons la voiture jusqu’à la maison, à une petite heure de marche, et gagner ainsi quelques gourdes. D’habitude, ce sont des enfants qui jouent des coudes pour être les premiers à porter. Cette fois, il y avait des adultes aussi.

La faim se fait davantage ressentir. Certains plants dessèchent avant d’avoir rapporté, on ne trouve même plus de « lianes panier », utilisées pour faire des sauces. Faute de pluies en début d’année, la récolte des haricots (« pwa ») –base de l’alimentation avec le riz- plantés en décembre, est très mauvaise. Pour preuve : seulement une ou deux gousses par pied alors que l’on peut habituellement en compter vingt. Cette récolte est « gâtée net » dans les mornes. Ailleurs, là où les champs ont pu être irrigués, à proximité des rivières, elle est bien meilleure.

S’il avait plu en janvier ou février, certains auraient pu planter en mars pour récolter fin mai, une espèce de pois vert, vendu avant qu'il soit sec et à consommer de suite.
Aujourd’hui, petit à petit, les habitants des Cahos préparent la terre pour pouvoir planter au cours de la semaine du 10 avril. Ne me demandez pas pourquoi cette semaine exactement ! Peut-être un « bagay mistik » ? A moins que ce soit une histoire de lune ? Mon grand-père disait bien qu’il faut toujours tenir compte de la lune pour planter...

Nous sommes bien sous les Tropiques.
Rien à voir donc avec les sécheresses des pays d’Afrique sub-sahélienne, par exemple. Avec Antilles, en général, on associe végétation luxuriante et vert intense ! En général oui, mais pas en Haïti, en tout cas pas partout. Le déboisement sévère a de multiples conséquences dramatiques : plus rien ne retient la terre, ni l’eau d'ailleurs, les précipitations sont moins nombreuses, etc.
 

Et dire que de l’autre côté de la frontière, ce sont champs à perte de vue, forêts, parcs nationaux, tout plein d’arbres encore debout ! Un complexe réseau d’irrigation a également été mis en place en République Dominicaine...


Beaucoup de mornes d'Haïti, en saison sèche, se couvrent d'une herbe rousse.

Sur certains versants, pas un arbre, pas une plante !
David rappelle que seule 2% de la surface du pays est aujourd'hui boisée.

Certains coins, comme Pérodin (photo ci-contre), assez boisés, demeurent verts.

La photo de droite représente le prolongement du paysage ci-dessus : constatez à quel point c'est pelé !

Autre inconvénient de la saison sèche, moins grave certainement :
Le niveau étant trop bas, nous ne pouvons plus nous servir de la pompe qui permet d'acheminer l'eau contenue dans une grande cuve, sous le niveau de la maison, à une autre citerne plus haut.

Résultat, David remplace la pompe !
Il s'agit de puiser l'eau dans la grande citerne souterraine, qui récolte l'eau des pluies via les gouttières de la maison, et de transporter cette eau dans un réservoir beaucoup plus petit, situé au-dessus de la maison. Les lois de l'apesanteur et des tuyaux enfouis permettent ensuite d'avoir de l'eau au robinet. David n'a pas compté les voyages mais son bras se souvient encore de l'effort...
Et quand il n'y aura plus d'eau du tout dans la grande cuve ?
Et bien... nous arrêterons de nous laver ! A moins qu'il ne pleuve bientôt ?
Au moment où j'écris, le ciel menace...
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11 février 2007 7 11 /02 /février /2007 15:13
A peine avons nous publié les photos des vacances en Argentine que nous voilà partis à la découverte d'autres horizons, ceux de la République dominicaine. Au moins deux hypothèses : soit nous sommes toujours -ou trop souvent- en vacances, soit nous ne trouvons pas le temps d'alimenter ce blog autant que nous le souhaiterions... Je penche plutôt pour la deuxième solution !
A bientôt donc, au retour de la "Rép dom", fin février, et, promis, on parlera de nouveau de notre expérience en Haïti sur ce blog !
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20 janvier 2007 6 20 /01 /janvier /2007 00:47



Le lendemain,


   


 


  


A Tafi del Valle, dans le nord-ouest :




Dans la même ville...







Un contraste argentin parmi d'autres...






 





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2 décembre 2006 6 02 /12 /décembre /2006 20:53

Journée mondiale de lutte contre le sida…

Le projet santé organise une « manifestation ». Accompagnés de leur enseignant, tous les élèves de 6ème année des écoles primaires du réseau, les élèves potentiellement en âge de « faire des petits » donc –cherchez l’erreur…-, sont invités. Au programme : action de sensibilisation, d’information et de mutualisation des connaissances sur le VIH et la maladie ; défilé des élèves ; match de foot sur la place du marché. Ce type de journée attire la foule et remplit bien ces objectifs semble-t-il.


Vendredi 1er décembre toujours, même village, autre préoccupation : Fanny –qui habite du côté de Bel Air, soit à environ une heure de marche- ne veut pas trop traîner à Pérodin. Comme tous les premiers du mois, ce soir, les démons vont sortir pour danser. Si une personne sort de chez elle à la mauvaise heure, vers minuit par exemple, les démons vont la prendre et lui donner un « move van » (mauvais souffle) avant de la laisser repartir. Arrivée chez elle, une maladie va lui tomber dessus et elle mourra.

En plus, ce soir, c’est pleine lune alors il sera encore plus facile pour les démons de vous voir et de vous attraper…

Moralité selon Fanny : restez au lit et n’oubliez pas de « chofe do » de votre partenaire !

J’ajoute, histoire de boucler la boucle, si vous sortez, faîtes-le couvert bien évidemment...

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22 novembre 2006 3 22 /11 /novembre /2006 21:38

Hier soir :

  • - un peu de rhum Barbencourt dans du jus d’orange frais ;
  • - du guacamole : un avocat, ail, sel, poivre et le jus d’une orange à défaut de jus de citron. C’est la fin de la saison des avocats, dommage, ils sont excellents !
  • - du pâté de campagne au cèpes : directement importé de France (vive le retour annuel) ;
  • - du pain aux céréales, réalisé de main de maître par Fanny ;
  • - une banane et un morceau de chocolat aux noisettes : nos réserves ne sont pas encore épuisées ! 

     

Tante Marie –qui n’était pas tout à fait ma tante et qui ne s’appelait pas vraiment Marie, mais c’est ainsi que nous la nommions-, avait l’habitude de dire qu’elle ne mangeait rien ou presque le soir, juste une tartine… J’ai pensé à elle en dégustant les miennes hier et je vous assure qu’on a très bien mangé !


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17 octobre 2006 2 17 /10 /octobre /2006 21:14

« En Haïti, on pratique le vaudou » : phrase toute faite que nous entendons sur le pays. Si nous considérons les manifestations, les cérémonies vaudoues au sens strict, nous n’en entendons, finalement, pas beaucoup parlé. Certes, pendant le carnaval, au mois de février, des « rara », groupes de musique traditionnels et vaudous se réunissent ; certes, lors de fêtes de villages, il nous est arrivé de voir des danses vaudoues. Mais, ce n’est pas tous les jours ! Cela signifierait-il pour autant que « le vaudou » n’est pas si présent que ça ? Que nenni : il fait partie intégrante de la vie des gens, nous en faisons l’expérience presque chaque jour. Ainsi, nombre de conversations traitent de « bagay mistik », littéralement : « chose mystique ».

Laissez-moi vous conter de petites histoires…

Lorsque nous sommes revenus dans les Cahos en septembre, nous avons appris que de la magie avait été faite sur notre maison, à Pérodin. La « chose » nous a été montrée. Devant la petite pièce qui sert de chambre au gardien, à côté de la maison, avaient été déposés une corde tressée, du rapadou (sucre de canne solidifié) et un petit fouillis d’herbe séchée. L’interprétation du message fut limpide pour les initiés : l’action magique avait pour but d’engendrer la douceur et la honte. Ainsi, sans que nous puissions en jurer car l’acte n’avait pas été perpétré directement devant notre maison, « on » aurait voulu nous rendre plus « doux », plus affable peut-être, et « on » aurait voulu que nous ressentions de la honte… Or, juste avant de rentrer en France, au mois de juillet dernier, nous avons du nous séparer du gardien de la maison, soupçonné d’avoir détourné de grandes quantités de ciment. Pour les personnes ayant interprété les signes, il ne fait aucun doute qu’il y a un lien plus qu’étroit entre les deux affaires… Oui, pourquoi pas ? Pour l’anecdote, j’ai rétorqué que j’étais déjà douce ! Qui a dit que ce n’est pas vrai ?

Autre histoire : OKPK, association haïtienne partenaire d’Inter Aide –et donc avec laquelle nous travaillons- a recruté une personne au cours de l’été. Avant de signer son contrat, fin juillet, le nouveau salarié a passé une semaine au centre de formation d’OKPK, à Sterling, pour voir si le poste et les conditions de travail et de vie lui convenaient. On peut donc supposer qu’il ait dit oui en connaissance de cause… Or, début septembre, le monsieur a fait savoir à OKPK qu’il démissionnait pour cause d’un « bagay mistik » : depuis la chambre dans laquelle il dormait, il entendait des bruits dans la cour du centre, la nuit, il y avait un loup-garou, il en était sûr, il faisait des cauchemars… Malgré les tentatives de l’équipe pour le retenir, Mikado –c’est son nom- est effectivement parti, nous avons relancé le recrutement.

Dernière histoire : Fanny, une femme de notre entourage, découvre que son mari a une liaison avec une autre femme. Elle affirme alors que deux choix s’offrent à elle : partir vivre à Port-au-Prince –et rejoindre ainsi quatre de ces cinq enfants- ou faire un « bagay mistik » pour évincer l’Autre. Moi, occidentale, je lui demande si elle n’a pas essayé de discuter avec son mari… Fanny m’affirme que l’une de ses filles, âgée d’une vingtaine d’année, a déjà tenté de « faire du dialogue » avec son père mais cela n’a rien donné, discuter ne sert à rien ! Finalement, elle décide de faire appel aux service d’un « Bokò » (beau corps), sorcier vaudou. Et, ça marche ! La maîtresse de son mari a quitté la zone le lendemain de l’acte magique. A présent, Fanny, qui a déjà dépensé la moitié de sa paye (500 gourdes, soit 10 euros) pour acheter les ingrédients nécessaires à la magie, doit rémunérer le bokò. Elle lui doit au moins 1 000 gourdes. Elle juge cela tout à fait normal puisque le sort s’est avéré efficace. Elle a convenu avec le sorcier qu’elle le payerait par tranches successives jusqu’au mois de décembre. D’abord, parce qu’elle n’a pas les moyens de faire autrement. Et puis, ajoute-elle, maligne, parce que la jeune femme est partie certes mais elle pourrait revenir ! Il lui faut donc un certain temps pour s’assurer de la force et du pouvoir de la magie pratiquée…


Si le sujet vous intéresse, je vous en reparlerai : notre quotidien fourmille d’anecdotes « mistik ». Evitez, peut-être, d’y penser avant de dormir… ;-) !

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14 octobre 2006 6 14 /10 /octobre /2006 15:55
























































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David et Nelly - dans Quotidien
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14 octobre 2006 6 14 /10 /octobre /2006 15:06

Voici, c'est la vue que nous avons du bureau. C'est pas mal... Qu'est ce que vous préférez ? Voir ça où la tour Eiffel ? Ca n'est pas la peine de chercher les routes, il n'y en a pas ! Dans le bas de la photo, vous pouvez voir le toit du dispensaire et ses panneaux solaires, qui fournissent l'électricité tout au long de l'année. Nous utilisons le même principe au bureau, à la maison...

Le bureau... Sa construction n'a pas été facile. Il n'est pas simple de faire construire une kay (maison en créole) dans les Cahos. Tous les sacs de ciment (et tout le matériel) montent à tête d'homme, il faut acheter les roches une par une, acheter un simili sable que les gens vont chercher à la rivière et vendent par seau, ... A gauche, vous pouvez voir la parabole qui nous permet de communiquer avec le reste du monde.  A droite, il y a une grande tonnelle ouverte où sont dispensées les formations.







Voici l'intérieur du bureau. La belle amazone qui travaille, c'est Nelly.
C'est très lumineux, n'est ce pas. Le toit est en tôle ondulées? Imaginez la cacophonie quand il pleut !






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David et Nelly - dans Quotidien
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3 octobre 2006 2 03 /10 /octobre /2006 23:26
 
Voici notre maison à Pérodin. Elle a tout le confort, sauf une route pour y arriver. En effet, nous laissons la voiture à une heure de marche. Ce n'est pas toujours marrant, surtout pendant la saison des pluies (c'est-à- dire en ce moment).


Si vous aimez les chaussures propres et bien cirées, ne venez pas nous voir !




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David et Nelly - dans Quotidien
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