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Texte Libre

Bonjour à vous, amis bloggeurs. Voici une porte ouverte sur Haïti, pays dans lequel nous avons vécu et travaillé pendant près de deux ans. Nous habitions à Pérodin, petit village au coeur de la chaîne des montagnes noires, appelée aussi chaîne des Cahos, dans le département de l'Artibonite.

En octobre 2005, nous atterrissions à Port-au-Prince. Nous avions été embauchés par l'association Inter Aide en tant que responsables d'un programme de scolarisation primaire dans une zone "rurale et isolée", selon les termes de l'annonce...

Un an plus tard, revenus dans les mornes haïtiennes et heureux propriétaire d'un appareil photo numérique, nous avions désormais la possibilité de vous faire découvrir en images notre cadre de vie.

C'est ainsi qu'est né le blog.

De nouveau sur le territoire français depuis le mois d'août 2007, nos chemins se sont séparés. Si bien que davantage qu'un blog, cet espace est désormais plus un aperçu d'une tranche de vie.
En espérant que sa visite vous plaise...
7 juin 2007 4 07 /06 /juin /2007 00:00

LUI




























































        

           
                                                        
 









                                                                                 
 
 

34 ans aujourd'hui...

Heureux anniversaire David !
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12 mai 2007 6 12 /05 /mai /2007 21:24

 



Madame Odilom                 Gaëlle                   Fanny                     Régis

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16 avril 2007 1 16 /04 /avril /2007 18:31
Les petits chats sont morts...

Nous étions à Port-au-Prince quand Emmanuel nous a appelés pour nous annoncer la triste nouvelle. Alors qu'ils jouaient avec les chatons la veille, ils ont retrouvé trois petits corps sans vie le lendemain matin. Le quatrième est resté introuvable.

Que s'est-il passé ? Nous ne savons pas. Ont-ils mangé un rat qui avait ingéré du poison ? Peut-être. Le gardien dit qu'ils ont été tués par la mère puisque c'est elle qui aurait ramené le rat. Peut-être. D'après les collègues, Cannelle les a appelés, cherchés... mais pas trouvés. Ses mammelles sont encore pleines de lait, elle semble triste. Moi, je le suis...

La mort des petits chats, un peu plus d'un an après celle des petits chiens, me rappelle que la vie, qu'elle quelle soit, humaine ou animale, ne tient pas à grand chose. Peut-être encore plus ici, où nous cotoyons la mort presque tous les jours,
qu'ailleurs...


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2 mars 2007 5 02 /03 /mars /2007 21:49
De retour de vacances, nous avons retrouvé Cannelle -qui prend ses quartiers chez les voisins quand on s'absente- et... ses quatre petits ! Ils ont une vingtaine de jours.
Tout ce petit monde a réintégré la maison. Nous ne nous lassons pas de les regarder...
Et alors ? Et bien ça joue, ça dort, ça tète -pas forcément dans cet ordre là d'ailleurs- et c'est déjà pas mal non ? La mère réclame sans arrêt à manger et est plutôt cool. Elle laisse même Maga, la chienne, approcher.



OK, vous les avez assez vus !
Mais peut-être les reverrez-vous...

Non non, nous ne reviendrons pas gagas d'Haïti ;-) !

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25 novembre 2006 6 25 /11 /novembre /2006 20:06

Dans certains mails que nous recevons de « lot bo » (littéralement l'autre bord = l'autre côté de l'Atlantique en l'occurrence), nous ressentons comme une certaine mélancolie, David pourrait dire comme « une sorte de pas de goût » -une langue à part entière le bilzicien ;-)- alors même que les températures chutent en Occident.

 

Je me souviens de m'être moquée, gentiment, des discussions et préoccupations sur le temps qu'il fait et ses effets sur le moral de chacun. Et pourtant, même Bénabar le dit : « La larme à l’œil à l'automne, parce qu’elles sont mortes les feuilles,... » Alors si Bénabar le dit... ! C'est vrai, il y a des choses pas toujours agréables en cette saison. Par exemple, je trouvais particulièrement déplaisant, la prise du métro alors qu'il fait froid dehors : on est super bien couvert avant d'y entrer, on ne se déshabille pas dans la rame, on a chaud puis froid en sortant. Vous me direz, le métro en période de grosses chaleurs, ce n'est pas terrible non plus ! Vive le vélo : on transpire mais on sait pourquoi ! Bref, je m'égare...

Le climat a-t-il réellement un effet sur vos moraux (un moral des moraux ? bizarre), à vous de me le dire ? Ici aussi, le temps change... À Hennebont, Maman fait du feu dans la cheminée pour chasser l'humidité. J'aimerai pouvoir faire de même ! La saison dites des pluies est officiellement terminée mais l'atmosphère demeure très... disons « mouillée ». Nous entrons à présent dans ce qu'on appelle, ici aussi, l'hiver. Les températures sont plus fraîches, les soirées et les nuits sont presque froides. Le jour décline dès 15 heures et il fait nuit noire à 17h30, dans un univers où il n'y a quasiment pas de moyen énergétique pour s'éclairer. En plus, ces jours-ci, on a du « mové tan » comme le nomment les Haïtiens : nuages, averses plus ou moins grosses, « lanèj » (brouillard),... Résultat, non seulement ça ne sèche pas mais en plus ça moisit très rapidement : les chaussures, le linge même rangé propre dans l'armoire, les tisanes dans leur emballage en papier, le plateau de jeu du Scrabble !

Mélancolique automne ? En tout cas, en ce moment, je ronge un peu mon frein. Il faut dire que l'on travaille pour un projet auquel on croit mais pour lequel il est très difficile de trouver des financements. Notre chef n'arrête pas de nous le dire, les bailleurs de fonds n'en veulent plus de ce programme vieux de 20 ans ! Et puis, en ce moment, rentrée scolaire et fin d'année civile oblige, nous avons tout un tas de documents à faire, de grilles de chiffres à remplir, de base de données à renseigner, tâches qui ne sont pas foncièrement inintéressantes mais bon ce n'est pas la panacée non plus et puis, pour quelle utilité ? Si personne ne veut plus y croire à ce projet ? En plus, on a personne avec qui aller boire un coup le soir !

Vous le savez tous, nous pourrions continuer à parler ou écrire des heures sur le temps qu'il fait et ses effets. Mais, tout compte fait, cette saison n’a, ici du moins, sans doute pas plus d’inconvénient qu’une autre. Dans les Cahos, l'absence de précipitations est bien plus préjudiciable... Tout bien considéré, en ce qui me concerne, tout cela n'a donc sans doute pas grand chose à voir avec le temps qu'il fait...

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1 novembre 2006 3 01 /11 /novembre /2006 21:52

Aujourd’hui, je vais tenter d’écrire un article sur les difficultés rencontrées ici en terme de relations humaines. Pas facile… Ni à vivre, ni à décrire !

 

Dans les Cahos, mornes dans lesquelles nous vivons le plus souvent, les relations que nous entretenons avec les habitants sont bonnes, cordiales, sympathiques même. Mais, nous sommes les Blancs, toujours, et, de fait, employeurs potentiels ou réels. Une certaine distance est maintenue à notre égard. On ne vient chez nous que pour nous demander quelque chose et nous ne sommes pas invités chez les autres. Difficile donc d’aller plus loin qu’une relation finalement assez superficielle.

 

Avec les autres expatriés, « expats » pour les intimes, cela s’avère également compliqué mais pas pour les mêmes raisons. Nous sommes très peu nombreux à travailler pour Inter-Aide en Haïti : sept dans les Cahos (cinq en haut, deux en bas) et dix en tout. Et, nous ne restons pas assez longtemps à Port-au-Prince pour rencontrer d’autres gens. Nous ne choisissons donc pas vraiment les gens que nous côtoyons et ils sont peu nombreux. Si vous ajoutez à cela que parmi les dix il y en a un ou deux qui ont une attitude vraiment désagréable à notre égard… Pas facile !

 

En outre, dans les montagnes, nous sommes tous responsables de programme sur plusieurs zones. Nous nous déplaçons donc régulièrement et sommes hébergés chez des collègues. Dès le début, sans nous connaître vraiment, tous, nous partageons une intimité forcée, savons lorsque l’un ou l’autre est malade, découvrons les habitudes et petites manies de chacun, partageons le petit déjeuner et la salle d’eau, etc. Pas tout à fait habituel comme prise de contact ! Certains envisagent et disent que, de tout façon, nous serons potes. Nous, au moins au début, on était plutôt de ceux-là… D’autres, peut-être pour se protéger, semblent au contraire ne pas vouloir s’investir davantage dans une relation qui est, de fait, de proximité. Comme si : « On garde les cochons ensemble, OK, on n’a pas d’autre choix mais, surtout, que ça n’aille pas plus loin ! » Pas facile donc…

 

Récemment, une collègue sur le départ disait : « J’ai passé un an et demi ici, je ne me suis pas fait de copine… ». Notre chef était présent. Il répond, très chef sans doute : « Tu n’es pas venue ici pour te faire des copines ! » Elle ne se démonte pas et affirme que, certes, elle n’est pas venue en Haïti pour avoir des amis mais elle pense que, dans l’absolu, c’est quelque chose qui peut arriver, lorsque l’on vit pendant un an et demi dans un endroit, de développer des relations amicales. Je le pensais aussi…

 

J’ai parfois l’impression de tomber à côté lorsque je m’adresse aux gens. Pourtant, ma sollicitude n’est ni feinte, ni forcée... C’est ma façon d’être que de m’enquérir de la situation des autres, comment ils vont, etc. Il faut croire que je devrais me débarrasser de ce trait de caractère !

 

Du coup, tout petit nombre de relations oblige, je me pose parfois des questions sur les relations que j’entretiens avec les autres, tous les autres, pas seulement ceux d’ici… Et, il m’arrive de me demander si je fais bien avec tous ces autres… Pas facile du tout ! Ce sont des jours plutôt « sans ».

 

Pas facile donc mais, comme pourrait dire Lucien Gourong, conteur breton, « faut faire avec ! », situation oblige. « Nou pa gen lòt chwa ! » Faisons avec donc, du moins pour les quelques mois à venir...

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28 octobre 2006 6 28 /10 /octobre /2006 00:39


  



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21 octobre 2006 6 21 /10 /octobre /2006 16:39




Juste un petit mot pour vous présenter Maëlle, ma nièce.

Une pensée affectueuse également pour Gabriel et Lou-Anne, deux nouveaux venus que nous avons eu la chance de connaître cet été.

David
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17 octobre 2006 2 17 /10 /octobre /2006 20:51
Le texte ci-dessous faisait l'objet d'un mail collectif envoyé à ma mailing-list fin avril 2006, soit un peu plus de six mois après notre arrivée en Haïti...


J'aime, j'aime pas… Oubyen : ki sa m'renmen, ki sa m'pa renmen nan peyi Dayiti !


Je n'aime vraiment pas la triste nouvelle que nous avons apprise il y a quelque jours : Jacques Romulus, directeur de l'OKPK –association haïtienne pour laquelle nous travaillons même si nous demeurons salariés d'Inter Aide– a fait une hémorragie cérébrale le 12 avril. Il est aujourd'hui hospitalisé à Port-au-Prince et son état de santé s'améliore semble-t-il. Au début, l'ensemble du côté gauche de son corps était paralysé et il était inconscient. Aujourd'hui, il peut murmurer quelques mots et
bouger un peu ses membres côté gauche. Bien conscients de la gravité de la maladie, nous gardons espoir de revoir Jacques, homme formidable aussi bien professionnellement qu'humainement, en bonne santé prochainement.

Je n'aime pas du tout du tout ne pas encore avoir eu le plaisir de faire la connaissance de Gabriel, Sarah, Diminga, Marie-Lou, Maëlle tous bébés nés après le 15 octobre 2005, date de notre départ en Haïti. L'occasion pour moi de vous annoncer que David est sur le point d'être tonton d'un moment à l'autre, nous attendons la nouvelle… Je n'aime pas non plus l'idée de ne pas être là lorsque Lou-Anne, petite Lorraine, pointera le bout de son nez dans quelques semaines…

J'aime l'expérience que nous vivons, à deux, ici.

J'aime entendre les gouttes de pluie tomber sur les tôles du toit de notre maison, même si parfois c'est tellement fort qu'en n'entend plus rien d'autre ! La semaine dernière, nous avons même eu de la grêle.

J'aime ce projet communautaire qui voit des parents d'élèves, dont certains sont analphabètes, s'engager bénévolement dans la gestion de l'école de leurs enfants.

Je ne sais pas trop si j'aime marcher sous la pluie –et donc dans la boue, attention aux glissades !- mais, tout bien considéré, n'est-ce pas préférable aux marches en plein cagnard ?

Je n'aime pas trop certaines manières de faire ici en matière d'enseignement. La plupart des apprentissages étant basés sur le « par cœur », les élèves répètent et répètent et répètent jusqu'à pouvoir réciter mais sans comprendre toujours le sens de leurs propos. En outre, bien que, officiellement, le créole soit la langue d'enseignement et que le français devrait être, toujours selon les textes, enseigné comme une langue étrangère, certains enseignants s'obstinent à écrire et/ou à parler à leurs élèves en français, en faisant souvent beaucoup de fautes et sans être compris. Et puis, quoiqu'en disent les textes du Ministère de l'éducation nationale, les sujets des examens officiels sont aujourd'hui rédigés dans une seule langue, le français. Il semblerait que, dans ce domaine, on ait d'ailleurs régressé : Jacques rappelle qu'auparavant les examens étaient proposés dans les deux langues, français et créole, ce qui donnait le choix aux élèves.

La saison des pluies étant revenue, depuis début avril environ, il pleut souvent, l'après-midi. J'aime, le soir m'endormir au chant des grenouilles.

J'aime apprendre et communiquer en créole ; j'aime me dire que lorsque je quitterai Haïti, je maîtriserai à peu près une autre langue.

J'aime discuter avec Fanny, la dame qui vient de temps en temps faire un peu de ménage dans la maison de Pérodin. Elle m'en apprend chaque fois un peu plus sur la culture haïtienne, intéressante à découvrir à bien des égards. Un régal pour une ancienne étudiante en socio-anthropologie ! Et puis, Fanny fait un excellent pain !

Je n'aime pas ne pas avoir le choix de la température de l'eau pour la douche. A Port-au-Prince, il fait chaud, l'eau est froide, ça rafraîchit, jusqu'ici tout va bien. Dans les Cahos, altitude oblige, nous n'avons pas toujours très chaud et, l'eau pour la douche –eau des pluies recueillie dans une citerne à laquelle nous pompons pour avoir de l'eau au robinet– est quasiment toujours froide ! Brrr… Mais, à certaines heures de la journée, s'il y a eu du soleil, l'eau a été chauffée dans les tuyaux et nous avons le droit à une douche chaude. J'aime ! Quel luxe alors !

Je n'aime pas trop entendre les rats faire du ski ou du surf –au choix selon David- sur les tôles du toit.

Je n'aime pas qu'il y ait des crottes de rats dans la douche, à Médor, ni ailleurs dans la maison à Pérodin ! Vivement que l'on ait de nouveau un chat !

J'aime que nous vivions à présent seuls dans notre maison. En effet, lorsque nous sommes arrivés en Haïti, nous étions trois (Julien, pour le programme café, David et moi) pour remplacer deux personnes. Il était donc convenu que nous habiterions deux maisons différentes mais, les locaux n'étant pas légion dans les Cahos, il nous fallait au préalable faire construire un nouveau bureau pour remplacer l'existant qui deviendrait alors la maison de Julien (vous suivez ?). David s'est attelé au chantier de construction de ce bureau et ce ne fut pas une mince affaire ! Cela a pris environ quatre mois de plus que prévu au départ… Si bien que nous n'avons emménagé dans le nouveau bureau que ce mois-ci et que Julien a intégré ses murs il y a un peu plus d'une semaine maintenant. Nous nous entendons bien avec Julien, il n'y a pas de problème, mais cette cohabitation n'était pas toujours facile. Je crois que le problème viens surtout du fait que les choses n'aient pas été claires au départ. Il ne s'agissait pas vraiment d'une colocation à trois –avec des règles qui aurait pu la régir- mais ce n'était pas non plus comme si Julien était hébergé chez nous. Disons que nous sommes contents de retrouver un peu d'intimité et que nous apprécions de désormais retrouver le matin les toilettes dans l'état dans lequel nous les avons laissés la veille…

J'aime les mangues qui ont fait leur réapparition sur les marchés. J'aime les bananes aussi !


J'aime faire des dessins avec du vernis sur mes ongles de pied et, au passage, j'aime bien être en tongs ou sandales quasiment tous les jours…


J'aime cueillir des orchidées dans les arbres autour de la maison à Pérodin, ce n'est arrivé qu'une fois...



Je n'aime pas trop devoir négocier longuement avec des maîtres parce que les caractéristiques même du programme ne permettent pas de les rémunérer comme il faudrait. En effet, souhaitant aller vers l'autonomisation progressive des écoles, OKPK et Inter Aide ne financent pas à 100% le salaire des enseignants mais donne une subvention pour ce faire aux comités de gestion des écoles. Le reste du salaire des maîtres est payé avec l'argent des écolages, versé par les parents à chaque rentrée scolaire pour la scolarisation de leurs enfants. Ainsi, les maîtres sont mal payés et revendiquent ! Il faut dire qu'ils ont de quoi : alors que le salaire minimum quotidien fixé par l'État
est de 72 gourdes, le salaire moyen quotidien des maîtres dans les Cahos est inférieur à 68 gourdes. Par exemple, dans les zones de Médor et Pérodin, le salaire mensuel des professeurs est de 1100 à 1300 gourdes (de 22 à 26 euros environ). Faible rémunération oblige, nous devons également faire face à de grandes difficultés pour trouver des candidats pour les postes vacants. Une solution pour pallier le déficit d'enseignant, serait donc d'augmenter le salaire maîtres. Pour ce faire, difficile d'envisager une hausse de la subvention accordée par l'OKPK, ce serait revenir en arrière dans le processus d'autonomisation des écoles. Il faudrait alors augmenter le montant des écolages mais cela est-il envisageable compte tenu des difficiles conditions de vie dans les mornes et de la pauvreté d'une majorité de parents ? Néanmoins, plusieurs de mes collaborateurs soulignent qu'il y aurait,
dans les Cahos, des parents qui, envisageant la vie au jour le jour, ne voient pas la nécessité de l'éducation. Ils semblent préférer investir dans l'achat de terres, par exemple, plutôt que dans la scolarisation de leurs enfants. Une piste d'action pour nous serait alors d'accentuer le travail de sensibilisation sur les avantages et les bienfaits de l'école et ainsi viser une augmentation des effectifs sur les bancs. A suivre…

J'aime assez devoir me déchausser pour traverser des rivières lorsque nous marchons, c'est frais, c'est agréable, même si, certains cailloux font mal aux pieds et qu'il faut les remettre mouillés dans les chaussettes et les chaussures de randonnée.

J'aime le rhum (ici c'est du Barbancourt) en particulier avec du jus de chadèque, sorte de pamplemousse.

Je n'aime pas du tout les gros trous sur la route nationale qui nous secouent comme des pruniers, même si on les prend à petite vitesse ! De fait, je n'aime pas trop être secouée en voiture, que ce soit sur la route ou la piste. Je n'aime donc pas vraiment les trajets motorisés en Haïti...


J'aime me dire que je fais du sport tout en travaillant lorsque nous marchons dans les mornes haïtiennes.



J'aime voir David jouer avec Maga, notre chienne, berger malinois.
Pour être tout à fait précise, il s'agit en fait de la chienne du programme, achetée par nos prédécesseurs pour les protéger...



Je n'aime toujours pas devoir gravir les grosses pentes. Sans doute suivant la règle selon laquelle le plus court chemin pour aller d'un point A à un point B c'est la ligne droite, les chemins que nous empruntons ont parfois été tracés à flanc de colline, direct de la base au sommet ! Je croyais pourtant qu'il était préférable de faire des lacets pour se déplacer en montagne ?

J'aime l'ombre des nuages et l'air d'une petite brise lorsque nous marchons aux heures les plus chaudes de la journée. Et l'ombre des arbres me direz-vous ? Il ne faut pas trop la chercher ! Le déboisement a fait des ravages dans les Cahos, par vagues successives et pour des raisons diverses, semble-t-il, depuis l'indépendance en 1804. Jacques, directeur de l'OKPK et Haïtien, me racontait que lorsqu'il est arrivé dans la région il y a une vingtaine d'années, tout était vert, à toutes saisons, on pouvait cueillir plein de fruits dans les arbres le long des routes… Depuis, beaucoup d'arbres ont été abattus pour en faire du charbon. En effet, dans les années 1980, des cas de peste porcine ont été recensés en Haïti. La décision a alors été prise par le gouvernement de faire abattre tous les cochons alors que chaque spécimen représentait la « banque des paysans », selon l'expression ici. Julien, responsable de programme café, qui a réalisée une étude sur la couverture végétale dans les Cahos, ajoute que les États-Unis ont fait pression pour l'abattage systématique de tous les porcs, sans refaire des tests pour savoir s'il existait encore des cas de maladies. Cela coïncidait avec une période ou le porc haïtien concurrençait l'américain aux État-Unis… Je n'ai pas vérifié l'information, je vous la livre donc avec toutes les précautions d'usage. Privés d'une de leurs principales sources de revenus, les habitants des mornes ont abattu bien des arbres pour faire du charbon et ainsi subvenir à leurs besoins. Aujourd'hui, le porc a refait son apparition dans les Cahos. Printemps oblige (?), il y a pas mal de petits cochons !

J'aime le moment où l'on arrive au relais d'Inter Aide à Port-au-Prince, où l'on branche notre ordinateur portable et où l'on attend la connexion pour pouvoir consulter nos mails après plusieurs semaines sans nouvelle. Patienter le temps que l'ordinateur se mette en route, que la page Internet soit trouvée, que je puisse me connecter à ma messagerie, etc. A la fois le plaisir et la torture de l'attente ! Tu vas bien quand ça marche !

J'aime, lorsqu'on prend la route pour Port-au-Prince, le moment où nous sommes suffisamment proches de la capitale pour pouvoir capter Radio France Internationale et ainsi avoir des nouvelles du monde.

J'aime les repas pris à l'ombre sur la terrasse de la maison que nous louons avec deux autres couples à Port-au-Prince. David précise qu'il affectionne tout particulièrement les petits déjeuners, peut-être parce qu'il aime prendre son temps dans un cadre agréable le matin ?



Je n'aime pas faire de la spasmophilie. Chez moi, cela se manifeste par l'impression d'avoir une boule dans la gorge, une lourdeur sur le thorax, et cela arrive bien trop souvent à mon goût.

J'aime lire, heureusement… Le temps paraîtrait encore bien plus long sinon…

Je n'aime pas me souvenir que cela fait plus de six mois que je n'ai pas fait la fête ou du moins rien digne de ce nom !

J'aime vous écrire et lire vos lettres et mails. Attention, il semblerait que le rythme se relâche de votre côté ces dernières semaines. Le printemps vous prendrait-il tellement de temps que vous n'en avez même plus pour nous envoyer un petit mail ? Allez, on s'y met, c'est une question de santé mentale et morale pour moi !

Je n'aime pas être loin de vous, toujours pas, désespérément pas !



Tout ceci est encore vrai...

Le 17 octobre 2006, j'ajoute : j'aime Cannelle !
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